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La réflexion, un brin provocatrice, de Mr Colonna Cesari que nous publions ci-dessous est inspirée de ce que l'on pourrait appeler un "stoïcisme appliqué" (et imposé ), sanctionnant un système économico-social "méditerranéen" fondé sur la corruption, l'assistanat et le fonctionnariat adopté par des populations ( Grecs, Corses.. ) dont l état d'esprit actuel n'a que peu à voir avec celui de leurs glorieux ancêtres ( Spartiates, Romains etc..). Il rappelle que la Liberté n'est pas un droit mais le fruit d'une lutte menée en premier lieu contre ses "démons intérieurs".

Le texte qui suit est un scénario. Ceci n'est ni une prévision ni une prophétie, juste une hypothèse de travail... La priorité pour une Corse qui voudrait un minimum de souveraineté nationale est l'élaboration ou la mise en application d'un cadre juridique de la concurrence et de la stabilité monétaire. Les véritables problèmes, outre la gabegie claniste (affaire du "Pélican", par exemple, 1,9 million d'euros perdus en six mois) sont les monopoles et les ententes entre quelques familles de patrons corses. Le détournement de la continuité territoriale, suite à des passes-droits politiques, est une des causes de la cherté de la vie, qui entraine entre autres une casse des prix du travail insulaire par l'immigration. Il existe une solution économique à notre portée qui, à l'inverse du Keynésianisme ou du Marxisme, n'est pas en contradiction avec les traités européens.

Dans ce cadre, l’État se place en tant qu'arbitre mais n'intervient pas dans le jeu de la concurrence. Pour neutraliser les cartels et éviter que la guerre économique ne continue de dégénérer jusqu'à nous emmener à la situation de la Grèce, il faut un État fort. L’État doit construire les structures, le cadre constitutionnel, l’Ordre dans lequel l'économie fonctionne mais il ne doit pas diriger le processus économique lui-même. Le marché ou la propriété privée ne sont pas des produits de la nature mais des inventions humaines. L’État doit les protéger et rétablir la concurrence si elle ne fonctionne pas comme c'est le cas actuellement ici. Il doit aussi créer un environnement favorable: formation des travailleurs, incitation à l'épargne etc.

Une bonne constitution monétaire doit éviter l'inflation et ne pas dévier de sa stabilité pour des contingences politiques. Le cœur de la crise provient de la désagrégation de l'ordre social provoqué par le libéralisme. Surestimer le pouvoir d'un État social omniscient ne résout rien. Les deux formules ne laissent aux fils de paysans que nous sommes que l'esclavage du salariat, qu'il soit capitaliste ou d’État. "En sacrifiant au culte du Moloch libéral, on a nié le principe de l’échelonnement en général et on a mis à sa place l'idéal, faux et erroné, de l'égalité et l'idéal, partiel et insuffisant, de la fraternité; car, dans la petite comme dans la grande famille, plus important que le rapport de frère à frère est le rapport de parents à enfants, assurant la suite des générations qui maintient le courant de la tradition culturelle." Alexander Rüstow, 1885-1963, philosophe.

Le nom de cette approche de l'économie qui subordonne l'action gouvernementale à la stricte observance d'un ordre auquel a contribué A. Rüstow est "l'Ordolibéralisme". Inventée dans les années 30, elle est l'actuelle "ordnungspolitik" de l'Union Européenne... Peut-être se souvient-on du bon mot de l'ancien Premier ministre grec Papandréou : "La Grèce ne sera pas la Corse de l'Europe". En effet, c'est pire... Ceci dit qu'il se rassure, nous suivons bien le même chemin minable que son pauvre pays car nos problèmes sont structurellement et culturellement les mêmes. Profitons que nos édiles repartent une foi de plus en campagne électorale pour leur rappeler quelques chiffres et la réalité contre laquelle ils vont probablement nous faire s'écraser d’ici cinq ans: En juin 2014, la Corse comptait 22000 chômeurs complets. C'est la 9ème région métropolitaine où le chômage est le plus haut. Pour donner un ordre de grandeur, il existe sur l'île 17000 chasseurs, 90000 "locuteurs corses" et en moyenne 30000 électeurs nationalistes toutes tendances confondues. Vu ces proportions, on peut se demander combien de ces chômeurs sont corses... Fin avril 2015 le chômage augmentai de 13,2% en un an, On notait une hausse de 11,8% de licenciements économiques. 70% des entreprises insulaires ne comptent aucun salarié (déclaré) soit environ 23000 établissements.

Mais ce n'es pas le pire. Le pire c'est la dette... En 2009, la dette totale était de 332,6 millions d'euros; l'annuité de 19,4 millions d'euros. Au premier janvier 2015, la dette était de 373 millions d'euros. En mars 2015, nous avions chacun 1092,28 euros de dette par habitant soit cinq fois la moyenne nationale! La plus froide analyse nous dévoile ce qui peut probablement nous arriver de mieux dans la pire des situations dans la quelle nous nous précipitons à force d’irresponsabilité économique et d'immaturité politique.

L'île doit et sera probablement mise sous tutelle européenne avant que la situation ne dérape. Au moins à titre expérimental, comme d'habitude... En réalité, cela ne nous dérangerait pas outre mesure; nous sommes déjà une colonie et la "Démocratie" n'a ici plus aucun sens depuis longtemps. En définitive, nous nous en sortirons probablement mieux qu'avec nos "hommes de dossiers" (...) "aux affaires". Quel est le processus pour y parvenir? Nous devons avoir le soutien de Tiers intéressés, de préférence des institutions supra-nationales. Nous devons "secouer les chaînes" suffisamment fort pour êtres entendus. Minoritaires, ce "démantèlement par le haut" nous permet de changer de statut sans référendum; simplement par décret.

D'autant qu'en 2020 la régionalisation sera étendue à tout le continent. La Corse devient alors "Grande Région Européenne". C'est le moment de sa mise sous tutelle économique durant un minimum de dix ans. C'est un scénario conforme à notre indépassable Histoire du Moyen-Âge. Logiquement, après que la Corse soit mise sous protectorat européen, l'Ordolibéralisme sera appliqué. La dette devrait être annulée (actuellement, l’État français rachète cette dette comme celles des autres régions, mais c'est reculer pour mieux sauter) et nous devrions êtres aidés structurellement jusqu'à l’essor économique. La première phase devrait se traduire par une période d'austérité avec une réduction du nombre pléthorique de fonctionnaires, par exemple, vu que nous sommes la région la plus fonctionnarisée de France (1045 agents en 2010, 1301 en 2014, etc). Puis une seconde phase par un soutien à la relance après la crise financière. Le risque de se trouver devant des conditions défavorables de refinancement sur les marchés peut être tempéré par des mesures de frein à l’endettement.

Pour que les populations puissent surmonter le choc de la restructuration, le tuteur devrait appuyer et organiser en amont des systèmes sociaux à l'échelle intercommunale incitant à la responsabilité individuelle. C'est certainement la seule marge de manœuvre qu'il nous restera. Autant y réfléchir dès aujourd'hui. Ce n'est pas la panacée sociale, mais c'est certainement le scénario qui nous attend. En tous les cas, cette remise en ordre économique, que nous pouvons voir comme une transition, devra être faite avant que la crise ne se déclenche ici car il sera alors plus difficile de se relever. La critique que l'on pourrait faire de cette analyse est tout d'abord que ce n'est pas le rôle de l'Europe de mettre sous tutelle une région d'un État membre, que la France ne l'accepterai pas, que si ce scénario est envisageable pour la Grèce parce que ce pays est débiteur d'autres États membres, la dette corse est privée et enfin que le statut de Grande Région Européenne ne donne pas à l'U.E. une emprise directe sur la Corse... Oui, mais çà, c’était avant... Il y a à peine dix ans, personne n'aurai imaginé que l'Allemagne et la Russie nous referaient le coup de la Pologne de 1939 en Ukraine. Sans oublier qu'un scénario approchant de "révolution orange" fut envisagé en 1989 pour la Corse par certains structures "occultes" de l'UE en liaison avec le cercle nationaliste dit "de Felce". Les choses changent... Il serait temps d'ouvrir les yeux.

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