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   Les dernières péripéties politiciennes autour des éléctions municipales d'Aiacciu de janvier prochain ont fait ressortir ce qui apparait comme la ligne politique générale du courant autonomodéré en Corse : la mise à l'écart du courant indépendentiste et le rapprochement, voire la fusion avec les forces "progressistes" de droite ou de gauche, dans la perspective de l'élargissement de l'autonomie de gestion octroyée par l'occupant à une fraction de la bourgeoisie insulaire. Cette configuration remet en cause, sur le plan électoral du moins, l'idée même de "famille nationaliste". Elle est la conséquence logique d'une démarche réformiste depuis toujours revendiquée, consistant à prétendre mener une politique nationale au sein d'un système et d'institutions par nature anti-nationaux. Et surtout elle implique, à un niveau profond, plus essentiel, un alignement idéologique complet sur les normes et dogmes du pouvoir avec lequel l'on prétend "réformer" .

 

L'actvité politique quotidienne des figures de proue du courant autonomodéré traduit cette propension à multiplier les signes d'allegeance non seulement aux institutions de la République Française, mais aussi et surtout, directement à la source du pouvoir réel s'exerçant en Europe de l'Ouest.

 

 L'on retiendra deux exemples récents et significatifs de cet activisme qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier abord, débordent largement le cadre de la traditionnelle "pulitichella" locale.

 

Ce lundi 1er décembre, la nouvelle équipe municipale bastiaise dirigée par l'autonomiste Gilles Simeoni organisait à Lupinu une réunion publique d'information sur la mise en place des "comités de quartier", promesse électorale s'inscrivant dans le droit fil de la "démocratie participative" locale. La rencontre s'ouvrit par la projection d'un petit film de propagande vantant les bienfaits des comités des quartiers ...aux Etats Unis. Les bastiais présents furent invités à s'extasier sur le modèle américain et la joie de vivre découlant de la démocratie libérale en vigueur dans les quartiers pauvres de Détroit, Chicago ou New York. Les discours des politiciens encadrant rigoureusement l'expression populaire s'articulèrent ensuite autour des termes codifiés, issus de la novlangue mondialiste élaborée par des think tank spécialisés dans la fabrique de l'opinion publique et le contrôle des populations :  "citoyenneté" " vivre-ensemble","gagnant-gagnant" "diversité" etc..

 

Mais les dirigeants autonomodérés se piquent également  de géopolitique et de questions internationales. L'ancien député européen François Alfonsi, qui siégea dans le groupe parlementaire de l'officine atlantiste Europe Ecologie publiait ce 4 décembre  un texte diffusé sur différents sites inernet et réseaux sociaux, intitulé " Europe, le danger vient de l'Est" . Y sont fustigées "la politique expansionniste" et "la démocratie formelle facilement manipulable" de la Russie de Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne, alors que Mr Alfonsi sait mieux que quiconque que celle-ci fut initiée par une sédition violente déclanchée sous l'égide des services secrets occidentaux, et politiquement soutenue par Europe Ecologie au parlement européen. François Alfonsi se félicite de la stratégie occidentale de chute du cours du pétrole mise en place par les USA et les monarchies pétrolières islamistes du Golfe, destinée officiellement à forcer la Russie à reculer en Ukraine. Mr Alfonsi feint d'ignorer qu'en réalité, cette démarche spéculatrice vise à renverser le pouvoir national russe et le remplacer par un régime fantoche, elstsinien, selon un processus explicitement décrit par l'agitatrice atlantiste "russe" Galia Ackerman lors d'une conférence donnée à Bastia en décembre 2012.

 

 

Lire attentivement le texte de Mr Alfonsi : link 

 

Au vu de la position stratégique et géographique de la Corse dans le dispositif militaire de l'impérialisme occidental en Méditerranée, le rôle dévolu au courant autonomodéré peut être défini comme celui d'une police politique auxiliaire  chargée de décliner localement les grandes orientations de la "gouvernance globale" et conjurer toute vélleités du nationalisme corse de s'en extraire, tant sur le plan géopolitique que sociétal. Une certaine marge de manoeuvre est accordée aux autonomodérés en matière de distraction des populations sur des questions strictement insulaires comme la langue corse ou la canalisation de la révolte populaire autour des symboles nationaux ( dont ils oeuvrent à détourner le sens premier et profond ).

Les dirigeants de ce courant, tous cooptés et "initiés", ont  fait allégeance à ce que les nationalistes corses les plus conséquents désignent comme  les "Trois Cercles de l'Oppression" ( République Française, camp géopolitique occidental, système capitaliste ), indissociables, irréformables, expressions diversifiées d'un Ennemi global et total des peuples Européens et de l'Europe elle-même.

 

Il s'agit, pour les tenants de la Souveraineté Nationale, d'en tirer toutes les conséquences et d'engager une vértable lutte idéologique contre le réformisme.

 

A Squadra

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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