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      Outre de vouloir pérenniser la culture et les traditions, les motivations des nouveaux chantres, confrères et prieurs, sont de retrouver un espace social intergénérationnel et identitaire de convivialité et de fraternité. Celà ne semble plus être une option proposée par le monde contemporain, celui-ci tendant à réduire la personne sociale à l'individu isolé.
En s'opposant naturellement à cette "évolution" de la société corse, jeunes et anciens, issus de toutes les classes sociales, contestent le nivellement français.
De fait, les confréries deviennent peu à peu le véritable "point de pouvoir" qu'évoquait Carl Schmitt.
Il se trouve que le diocèse de Corse l'a fort bien compris...
Mgr Lacrampe, lui même dépendant du ministère de l'Intérieur et des Cultes, avait joué en son temps le rôle répressif qu'attendait de lui l'Etat français en infligeant aux confréries, à la fin des années 90, une série de rétorsions et humiliations diverses. La plus insultante fut d'avoir accusé les confréries de profaner l'église au nom de leurs superstitions (1996).
Cet évêque commença par obliger les confréries à se constituer en associations loi 1901... sous peine d'excommunication. Régime policier républicain et méthodes de l'inquisition semblent en effet compatibles. Lors du Synode de 1999, il demanda à ce que l'on compose de nouveaux chants plus en conformité avec l'esprit du temps (pop? régué? métal?) parce que "nos traditions sont trop pauvres" !!!
Les feux de Noël ou de la Saint Jean ne doivent plus être bénis par les prêtres, etc. etc.
Le problème, c'est que les confrères considèrent que si on écarte d'eux les prêtres, leurs rites tombent dans le folklorisme. Au lieu de s'opposer frontalement, les plus anciens prieurs se retirèrent des confréries. réaction malheureusement trop courante en Corse...
Pourtant, le 7 juillet 2007, le nouveau pape Benoît XVI donne raison aux confréries contre l'évêque.
Malgré leur montée en puissance et le soutien du Vatican contre les instruments du pouvoir jacobin, les confrères estiment qu'ils sont dans une impasse.
Ils sont en effet prisonniers de la doctrine franciscaine qui impose de subir en silence. Il leur suffit pourtant de se tourner à nouveau vers Rome et Saint Thomas d'Aquin pour se dégager de cette étreinte qui se révèle d'elle même comme coloniale. Thomas est l'inspirateur théologique de la révolution corse durant la période génoise et par la suite, pilier philosophique de la résistance de notre monde contre le gallicanisme.
Car la réalité est bien cela: Même si notre combat reste celui d'un peuple contre un envahisseur, c'est peut-être avant tout un combat philosophique.
Tôt ou tard les confréries corses reprendront le rôle politique et social des Battuti (flagellants) du XVIème siècle. Pour cela, il faut une volonté, une doctrine, une énergie de résistance et de survie !

 

a squadra

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