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 La Corse a  subi cette semaine l'un de de ces épisodes répressifs qui depuis des décennies rythment la vie de l'île. Ce lundi 6 octobre à l'aube, une dizaine de personnes étaient arrêtées par la police politique et placées en garde à vue à la caserne militaire d'Aspretto dans le cadre de l'enquête sur les actions menées contre des gendarmeries en décembre 2013 à Bastia et Aiacciu. Parmi les interpellés, deux avocats, l'actuel bâtonnier du barreau d'Aiacciu, Maitre Ferrari, et son prédécesseur Maitre Gatti. Cette opération s'est provisoirement conclue par une incarcération et la mise en examen de trois sympathisants de la cause nationale corse.

 

Cette vague répressive intervient trois mois après l'annonce de l'auto-dissolution du FLNC et donc de la fin officielle des actions de propagande armée, désormais considérées comme contre-productives. Elle a donc un caractère éminemment politique et s'inscrit dans le droit fil du refus par le pouvoir français de toute avancée significative quant aux revendications corses, comme l'a souligné Mr Ferrari à l'issue de la levée de sa garde à vue. Sont en effet visés à travers ces rafles massives et médiatisées, les milieux et idées indépendantistes que le régime tente de criminaliser, d'isoler et de circonscrire, pressentant un possible regain de leur popularité au vu de l'évolution catastrophique de la situation politico-sociale, tant sur l'ile que dans l'hexagone.

 

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Dès l'annonce de la rafle s'est organisée la riposte populaire. A l'appel d'organisations nationalistes, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées pendant plusieurs jours en soutien aux victimes. La corporation des avocats a manifesté sur les marches des palais de justice, dénonçant les disfonctionnement de l'institution. Les patriotes se sont eux rassemblés devant les préfectures d'Aiacciu et Bastia, pour mettre en évidence la dimension politique des évènements et la vaste plaisanterie que constituent "l'indépendance et l'apolitisme de la justice". Une plaisanterie que les Corses ont pu appréhender ces dernières semaines lors des affaires impliquant les supporters politisés du Sporting Club de Bastia suite à une banale et indolore confrontation avec les "forces de l'ordre". Chacun se souvient de leur stigmatisation par les autorités politiciennes françaises et la mise en détention effective de l'un d'eux alors qu'au même moment, des trafiquants de drogue exerçant leur art à la sortie d'un lycée bastiais étaient libérés sitôt leur condamnation prononcée. Nul n'ignore qu'il en coute moins de s'en prendre à la population qu'aux institutions, surtout lorsque celles-ci sont perçues comme ETRANGERES et donc illégitimes par une part croissante de la population.

 

Les rassemblements et manifestations de soutien aux victimes de la répression n'ont donc rien d'anachronique et sont plus que jamais à l'ordre du jour. Il est du devoir de tout patriote conscient, au-delà des cercles militants les plus engagés, d'y participer, que les personnes soutenues soient "coupables " ou "innocentes" ( chacun sait que là n'est pas l'important ) et quelle que soit leur position sociale, leur renommée ou leur "surface médiatique". Ces mobilisations, par leur existence même et leur ampleur, traduisent l'échec des stratégies d'intimidation du pouvoir. Elles constituent le symbole d'une légitimité et d'une souveraineté corse antagonistes à celles de la République Française.

 

L'annonce de la fin de la lutte armée  n'ayant suscité ni trêve dans la logique répressive, ni signal positif émanant du gouvernement français, la mobilisation populaire est donc amenée à se développer jusqu'à son aboutissement logique : la mise en place d'une démarche auto-émancipatrice progressive mais déterminée, telle que pratiquée à l'heure actuelle en Catalogne et dont les démonstrations d'unité face à l'appareil répressif seront l'un des éléments centraux.

 

A Squadra

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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