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  "Nous, les quatre militants de la Ghjuventù Indipendentista interpellés avant-hier lors de l’occupation de la sous-préfecture de Corti, tenons à remercier tous ceux (militants, sympathisants, structures ou personnalités publiques, de Corse ou d’ailleurs) qui nous ont apporté leur soutien.

 

Au nom de la Ghjuventù Indipendentista, au nom de la jeunesse nationaliste et militante, au nom du droit qui est le nôtre à vivre sur cette terre et à prétendre y construire notre avenir, nous nous adressons aujourd’hui à notre peuple.

 

C’est aujourd’hui, à Bastia, après notre libération et notre convocation devant la justice coloniale que nous voulons réagir et fournir à l’opinion publique, ainsi qu’à la presse, toutes les informations nécessaires à la manifestation de la vérité.

 

En effet, dans la matinée du Jeudi 4 Avril, nous avons mené une action symbolique à la sous-préfecture de Corti. Celle-ci se résumait à une occupation pacifique des lieux, dans le respect des biens et du personnel afin d’obtenir de l’Etat Français des garanties claires et officielles dans le sens d’une évolution institutionnelle qui comprendrait, entre autre, la co-officialité de la langue corse et un statut fiscal dérogatoire.

 

Alors que des tractations avaient lieu pour rencontrer le sous-préfet, celui-ci accepta de recevoir deux délégués que nous avions au préalable désignés. Le représentant de l’Etat nous fît alors savoir qu’il ne nous recevrait pas avant que nous n’ayons évacué les lieux.

 

C’est alors que, souhaitant être entendus et mener à bien notre action, nous avons refusé de déserter le hall du bâtiment avant d’avoir rencontré le sous-préfet. En seulement dix minutes, la réponse de l’Etat colonial fût implacable. Une dizaine de gendarmes, équipés, excités et désireux de casser du Corse, pénétra dans la sous-préfecture et nous asséna des coups de poings au visage, avant de nous étreindre de part et d’autre puis de nous maintenir violemment au sol et de nous menotter jusqu’à nous couper le sang. L’un d’entre nous fût blessé à la mâchoire et un autre à l’épaule ainsi qu’au visage et à la hanche.

 

Nous avons été conduits presque aussitôt à la caserne de gendarmerie de Ponte Leccia, avant d’être transférés, menottes au dos, jusqu’au camp militaire d’U Borgu.

 

Sur deux jours, nous avons éprouvé 16 heures de garde à vue injustifiées, et une convocation au tribunal correctionnel devait ponctuer notre séjour dans les locaux de la répression coloniale.

 

Nous, militantes et militants de la Ghjuventù Indipendentista, proclamons de manière ferme et solennelle, devant notre peuple et à la face des forces d’occupation françaises, que nous ne laisserons pas nos militants se faire passer à tabac et être trainé devant les tribunaux coloniaux sans interpeller l’opinion publique.

 

Face à notre calme et à nos revendications l’Etat opposa la répression et la violence policière ! Et le comble de toute cette histoire, ce sont nos militants, blessés et violentés qui passent en procès !

 

En effet voilà les infractions qui nous sont reprochées.

 

Outrage, pour invective en langue corse. Et oui, bien que les gendarmes en présence n’étaient pas corsophones, ils affirment avoir été insulté en corse. Nous savions que l’usage de notre langue était mal vu par les forces françaises, mais il semble aujourd’hui que s’en servir pour s’adresser à eux soit répréhensible. Ùn sapiamu micca chi u fattu d’impiegà a nostra lingua, a lingua corsa, era diventata un’offesa è illegale.

 

Rébellion, alors que les seuls blessés dans cette histoire sont des militants de la Ghjuventù Indipendentista.

 

Dégradations, bien que les murs soient dégradés, ils l’ont été par les gendarmes qui y ont propulsé la tête de l’un des nôtres.

 

Refus de prélèvement d’ADN, que nous assumons en rappelant notre combat contre le fichage des militants nationalistes.

 

Mais au-delà de la sempiternelle répression à laquelle le mouvement national est désormais habitué, nous voulons avant tout dénoncer les méthodes employées par l’Etat français et ses forces « de l’ordre » dans cette affaire qui n’avait pas d’autre but qu’une revendication pacifique de nos idées.

 

Alors que nous avions décidé d’occuper de manière non-violente la sous-préfecture afin de faire valoir nos revendications plus que légitimes et partagées par un grand nombre de Corses, la seule réponse obtenue fut celle de la force.

 

La violence et la disproportion du dispositif policier (plusieurs camions de gardes mobiles pour appréhender 4 militants d’une vingtaine d’années, ni armés ni menaçants) laissent perplexe.

 

Si les forces de l’ordre mettaient autant d’ardeur à traquer les voyous qu’à pourchasser les jeunes nationalistes désarmés, nous ne serions peut-être pas la région la plus criminogène d’Europe.

 

Le 31 mars, le gouvernement devait proposer des mesures afin de pallier aux problèmes que rencontre la Corse depuis la fin des arrêtés Miot.

 

Or, malgré une manifestation de plusieurs milliers de personnes demandant un statut fiscal dérogatoire, la commission chargée du dossier n’a même pas daigné se réunir ne serait-ce qu’une seule fois.

 

Malgré ses promesses de campagne, le président Hollande a déclaré il y a quelques jours qu’il ne comptait plus ratifier la charte des langues minoritaires.

 

Cela n’augure rien de bon concernant les mesures à venir, notamment celle de la co-officialité de la langue, portée par l’ensemble de la classe politique insulaire ainsi que par un bel élan populaire concrétisé mardi dernier à Corte autour du collectif Parlemu Corsu. Nous pouvons même constater que parler Corse semble être devenu un délit.

 

Nous ne parlerons même pas de la réforme institutionnelle en cours d’élaboration à l’assemblée de Corse qui, malgré le large consensus encore une fois obtenu sur l’île, n’aura peut-être jamais la chance d’être envisagée par le gouvernement français.

 

Dans ce contexte nous ne pouvons pas rester inactifs. Et cette action pacifique s’imposait à notre conscience de jeunes militants politiques. Car non, nous ne baisserons jamais les bras. Non, nous ne n’accepterons jamais que notre terre soit spoliée, ni notre culture niée. Nous n’accepterons pas non plus que les revendications et aspirations légitimes de notre peuple soient ainsi bafouées.

 

U populu corsu deve campà !

 

O CORSU, ÙN TI LASCIÀ MICCA SPUGLIÀ !

 

A nostra cuscenza ghjè RESISTENZA !!!

 

Lotta ghjuventù l’avvene sì tù !!!

 

Ghjuventù Indipendentista "

 

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