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« Le soleil revient toujours, et avec lui la vie sur terre.
Au cœur de l’hiver, c’est le feu qui remplace le soleil. Il chauffe et éclaire. Il est la vie.
Autrefois, le feu conservé au foyer des vieux Nordiques symbolisait la continuité de la vie à travers les divers maillons de la chaîne familiale. La maison était le cœur de la terre, du domaine. Le feu était au cœur de la maison, du foyer. Les générations se succédaient et transmettaient l’héritage.
Aujourd’hui encore, le feu garde son éternel symbole. Au plus profond de l’hiver, il reste une image du soleil, une image du rythme des saisons et du rythme de la vie. Sans cesse, des saisons remplacent des saisons. Des générations succèdent à des générations.
La nature du feu ne change pas. Humble bougie tenue par une main d’enfant, grand feu de joie allumé sur une colline, bûche de l’âtre familial, cierge de deuil, tison de joie, le feu est toujours la vie qui monte vers le ciel.
Les flammes se tordent, les bûches s’écroulent avec des gerbes d’étincelles, la fumée fuit devant le souffle du vent. Un feu s’éteint, dix autres s’allument. Le vent souffle une flamme, la mort souffle un homme. Une braise se rallume, un enfant naît. La vie est là.
Christianisée sous le nom de Noël, la fête nordique de Jul n’est pas limitée à une seule journée. Le solstice d’hiver n’en représente que le point culminant, la nuit sacrée entre toutes.
Fête du combat contre les ténèbres et fête des graines invisibles, Noël appartient à ceux qui luttent dans le silence, l’ombre et la solitude. Noël est la fête de l’invincible espérance.
Les hommes d’aujourd’hui, s’ils ignorent le véritable sens de ces jours de fête, n’en devinent pas moins qu’il s’agit d’une tradition plongeant ses racines dans les plus sacré de nos peuples.
Noël, c’est la vieille fête du solstice d’hiver. Dans la nuit la plus longue de l’hiver, le froid, la neige, le gel, ne semblent jamais devoir finir, dans cette nuit unique et terrifiante, nos ancêtres ont refusé de croire à la mort du soleil.
Notre monde est en train de naître. Invisible comme les fleurs et les blés de demain, il fait son chemin sous la terre. Nous avons déjà nos racines, solidement enfoncées dans la nuit des âges, ancrées dans le sol de nos peuples, nourries au sang de nos anciens, riches de tant de siècles de certitude et de courage que nous sommes les seuls à ne pas renier. Nous sommes entrés dans un hiver intégral où l’on oblige les fils à avoir honte des hauts faits de leurs pères, où l’on préfère l’étranger au frère, le vagabond au paysan, le renégat au guerrier. Nous sommes entrés dans un hiver où l’on construit des maisons sans cheminée, des villages sans jardin, des nations sans passé. Nous sommes entrés dans l’hiver.
La nature meurt et les hommes deviennent tous semblables. Il n’y a plus de paysages et plus de portraits. Nous vivons dans des cubes. Avec un peu de chimie, nous nous éclairons, nous nous nourrissons, nous n’avons pas trop d’enfant, nous oublions la lutte, l’effort et la joie. Oui, malgré les lumières du néon, les vitrines et les images du cinéma, malgré les fêtes de Noël, des guirlandes, les messes et les sapins, nous sommes entrés dans un très long hiver.
Nous sommes quelques uns qui travaillons au retour du printemps. »

Jean Mabire.



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