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Le prisonnier politique Iosu Urribetxeberria qui est gravement malade est entré, le 8 août à minuit en grève de la faim, à l'hôpital de Donostia*  Il demande que lui soit appliqué la libération conditionnelle, vu la gravité de son état de santé. Il a un cancer des reins, et ne peut plus marcher. Il y a 14 prisonniers politiques basques gravement malades. Herrira exige qu'ils soient remis en liberté,chose, qui rappelons le, est systématiquement refusée par l'Etat Espagnol via la doctrine Parot, qui autorise le système judiciaire espagnol à prolonger indéfiniment des peines de prison aux détenus basques lorsque ceux-ci ont purgés entièrement leur peine.

 

Les mobilisations se sont alors poursuivies et amplifiées pour Iosu Uribetxebarria et les autres prisonniers gravement malades. I. Uribetxebarria, au bout de son 7ème jour de grève de la faim, a dénoncé avoir subi insultes et menaces de la part de policiers dans la nuit de samedi à dimanche alors que des milliers de personnes avaient manifesté à Donostia dans l’après-midi. Alors que de plus en plus de mobilisations ont lieu, ce sont aujourd’hui 420 prisonniers qui mènent des actions de protestation dans plusieurs dizaines de prisons, tant dans l’Etat espagnol que dans l’Etat français.

 

Le 13, les médecins de l’hôpital de Donostia ont pratiqué des examens sur le prisonnier en phase terminale de cancer et qui entame son septième jour de grève de la faim. Selon la note qu’ils ont publiée, l’état du prisonnier est stable. D’autres examens devraient être pratiqués ultérieurement.

 

Devant l’hôpital de Donostia, où ce sont maintenant dix personnes qui jeûnent en solidarité avec le prisonnier arrasatear ** son frère a informé dimanche dernier que les membres de l’ertzaintza***  chargés de le surveiller l’avaient empêché de dormir dans la nuit de samedi à dimanche. Ainsi, entre 23 heures et 1 heure du matin, ils auraient “empoisonné” la vie du malade. D’abord en ouvrant et fermant les stores puis, toujours selon son frère, ils l’auraient menacé et insulté. L’intervention d’une infirmière aurait permis de faire revenir le calme. Ces incidents ont eu lieu alors que plusieurs milliers de manifestants avaient battu le pavé de la capitale gipuzkoar samedi après-midi. La famille devait déposer plainte la nuit suivante.

 

Tandis que le mouvement Herrira a annoncé des mobilisations qui allaient aller “crescendo”, dans les prisons, ce sont aujourd’hui 420 personnes qui participeraient à des actions de protestation selon l’association Etxerat. Une majorité d’entre eux se serait déclarée en grève de la faim, mais d’autres formes de protestation ont lieu : rassemblements dans les cours de promenades, refus de sortir de cellule, lettres aux autorités, refus de la nourriture de la prison, etc.

A l’extérieur, des rassemblements sont organisés dans les quatre capitales de provinces du Pays Basque Sud. A Donostia, ils auront lieu tous les jours à midi et à 19 heures devant l’hôpital. A Bilbo, Gasteiz et Iruñea à 12 heures devant les délégations du gouvernement espagnol.

En réponse à cette mobilisation, le secrétaire général de l’administration pénitentiaire espagnole, Angel Yuste, a, lui, déclaré hier que “ni le chantage, ni la transaction, ni la concession n’ont leurs places dans l’application des peines et toutes ces initiatives destinées à faire pression sur l’administration pénitentiaire ne vont donc logiquement avoir aucun effet”. Le haut fonctionnaire a déclaré que la décision concernant la libération ou non d’Uribetxebarria dépendra “de la loi et de son état” de santé. Selon A. Yuste, 108 prisonniers étaient en grève de la faim dimanche et 51 autres devaient l’être hier dans les prisons de l’Etat espagnol. Depuis le début des mouvements de protestation dans les prisons, l’administration pénitentiaire espagnole est entrée dans une guerre des chiffres avec les mouvements de soutien aux prisonniers et tente de relativiser le mouvement. Curieusement, la presse espagnole et certaines agences de presse, telle l’AFP, se contentent de se faire écho de la version gouvernementale.

 

Par ailleurs, Antonio Basagoiti, président du Parti populaire dans la Communauté Autonome Basque, a déclaré sur les ondes de Punto Radio que “la grève de la faim des etarras” passait inaperçue pour la “grande majorité des Basques”. Peine perdue pour ce dernier, puisque la pression augmente de jour en jour sur le gouvernement espagnol au gré des mobilisations et des manifestations populaires, amplifié le 15 aout par la prise de position du GIC, groupe international de contact ( médiateur dans le processus de paix enclenché par les indépendantistes basques ) s'est clairement en faveur de la libération de Iosu, alors que ce dernier entamait, rappelons le, sa 9eme journée de grève de la faim( alors qu'il est atteint d'un cancer du rein qui a métastasé jusqu'aux poumons et au cerveau ) indiquant par une note de presse ne voir «  aucune justification pour ne pas décréter la libération immédiate de Iosu Uribetxebarria », plusieurs médias étrangers relayant l'affaire à travers le monde entier.

La prise de position du GIC et donc de la communauté internationale en faveur des prisonniers basques est la première depuis le début du processus de paix en Euskal Herria, qui, il faut bien le dire, s'était pour l'instant contentée de dénoncer assez mollement la répression impitoyable exercée par Madrid sans intervenir directement, rôle qui lui était pourtant attribué en tant que médiateur du conflit, engouement plutôt rare qui peut s'expliquer par la gravité de situation, mais aussi la mobilisation historique dans les prisons françaises et espagnoles – désormais 515 prisonniers concernés dans 60 prisons – qui joue un rôle de catalyseur dans la diffusion de l’information.

En parallèle de l'annonce du GIC, Herrira a diffusé les conclusions des examens réalisés lundi sur le prisonnier arrasatear. “ Les tests effectués confirment que le cancer de Iosiu est en phase terminale. Iosu est à chaque fois dans un état plus grave, il a perdu huit kilogrammes et il est très faible” : considérant que la “situation [du prisonnier] ne peut être plus grave”, le mouvement en faveur des droits des prisonniers basques appelle à “la mobilisation générale de façon urgente”. En plus des rassemblements quotidiens – matin et soir – devant l’hôpital de Donostia, une manifestation a été organisée samedi dernier dans les rues de Bilbo. 

Au Pays Basque Nord, alors que des rassemblements ont eu lieu hier à Saint-Jean-Pied-de-Port et Hendaye, Herrira a également appelé à manifester à Mauléon.

 

* Donostia est le nom basque de la ville de St Sebastien

** en provenance d'Arrasate, village de la région du gipuzkoa

*** Police de la communauté autonome basque, aux ordres du pouvoir madrilène

 

 

Merci à notre correspondant local Jan Hegoburu en Euskal Herria,

A Squadra

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