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 Article tiré du numéro 2 d' IPATIA , bulletin du cercle PETRU ROCCA :

 

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La Corse et la Dette publique française

 

 

Le politiquement correct, qui entoure d’un voile opaque la question de la dette publique française, est un tabou qu’il convient de bousculer. Pourquoi cette dette ? Quel est son montant ? Son impact sur la Corse ? Peut-on en sortir et comment ? Avons-nous vraiment le choix ?

 

 

1 – Georges POMPIDOU, qui était entré en 1953 à la Banque ROTHSCHILD, après avoir été un proche collaborateur du général DE GAULLE dans sa traversée du désert, devint directeur général de cette banque. Lorsqu’il s’installa à l’Elysée en juin 1969 il décida de réformer la Banque de France ; pour faire bref, au profit des banques privées ….. L’article 25 de la Loi 73-7 du 3 janvier 1973 (désormais remplacé par l’article 104 du Traité de Maastricht qui interdit aux Etats d’emprunter auprès de leurs banques centrales) dispose :

 

« Le Trésor Public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ».

 

Autrement  dit, la Banque de France ne peut faire de crédit à l’Etat qui est contraint de recourir aux banques privées et de payer des intérêts : On ne peut plus battre monnaie. L’accroissement vertigineux de la dette publique française a pour cause essentielle ce cadeau offert aux banques privées. En 1979, la dette était de 239 milliards d’euros, en 2008 elle s’élevait à 1327 milliards d’euros, à la fin du deuxième trimestre 2013 à plus de 1900 milliards. Il faut souligner qu’avec le Traité de Lisbonne (article 123) la Loi ROTHSCHILD a acquis un statut para-constitutionnel.

 

 

2 – Actuellement, la dette publique française, c’est-à-dire la dette de l’administration publique au sens large dont la dette sociale est une composante, s’élève à plus de 2000 milliards d’euros soit 95% du PIB de la France.

 

Il est constant que la charge de remboursement qui en découle pèse lourdement sur les finances publiques et nuit gravement à l’activité économique. Avec un budget en déficit d’exécution de 72 milliards fin 2013 soit 4,1 % du PIB le gouvernement français doit se procurer quotidiennement 800 millions d’euros. Sur ces 800 millions, 200 proviennent des prêteurs français et 600 de prêteurs étrangers.

 

 

3 – La Corse est durement frappée par les inutiles politiques de rigueur qui tentent d’écoper la voie d’eau de plus en plus forte qui détruit le navire sans cap de la maison France. Le PIB par habitant en Corse est de 24.979 € pour 30.135 € en France (INSEE 2010) ; le taux de pauvreté rurale de 19,9 % en Corse pour 11,6 % en France ; le taux de pauvreté urbain de 19,00 % en Corse pour 14,1% en France (INSEE au 31 décembre 2009), alors que le taux de chômage, au sens du BIT, est supérieur en Corse (11,50 %) à celui de la France (au 31 décembre 2012) et que les allocataires du RSA sont de 36 % pour 1000 personnes en Corse et de 44,6 % en France (au 31 décembre 2011).

 

Partant, il est clair que le gel des revenus de transfert pénalise et pénalisera davantage la Corse dont le taux d’activité est de 59,7 % pour 63,8 % en France (au 1er janvier 2009), que l’hexagone.

 

 

4 – Deux solutions s’offrent aux gouvernements français pour régler la question au fond, en tournant le dos aux caisses à outils et aux rustines. D’abord, sortir de l’euro. Difficile pour la France car, sans cette monnaie, la spéculation sur les diverses devises nationales en Europe flamberait, sapant toute croissance économique fut-elle molle. Difficile aussi, car l’Union européenne affiche une meilleure représentation des intérêts européens que les gouvernements nationaux dans les grandes négociations (OPEP, Russie). On peut estimer, sans excès, que le retour au Franc équivaudrait à une dévaluation de 20 à à 40 % de la monnaie française. Il faut un courage dont la France est dénuée.

 

Seconde piste pour les dirigeants français : ne pas rembourser la dette. C’est tentant mais nos élus ne sont pas LENINE et la dette publique est aux mains de français pour 25 % de son montant. L’audace politique nécessaire à une opération aussi brutale fait défaut aussi bien aux socialistes, qu’aux UMP, aux centristes et au Front national.

 

Certes, on voit régulièrement les représentants de tous ces partis se prosterner sur la tombe du général DE GAULLE, cette idole de pacotille mais il est improbable que l’ombre du « grand homme », qui avait choisi le directeur de la Banque ROTSCHILD comme Premier Ministre, soit d’un quelconque secours pour inspirer ses grotesques successeurs et prétendants à sa succession.

 

 

5 – En tout état de cause, il est impossible de rembourser la dette publique : Elle s’accroit à chaque seconde et le « service de la dette » (capital et intérêts) représente à lui seul le premier poste du budget de l’Etat français. En effet, même si la France emprunte en moyenne à 2,3 % (ce qui ne durera pas), elle affecte par voie de conséquences 2,3 % de son PIB aux frais financiers. Or, la croissance économique est, au mieux, de 1 % du PIB et rien ne permet d’espérer qu’elle devienne supérieure à 2,3 % dans les décennies à venir. Le différentiel entraine une augmentation mécanique de la dette publique dont la charge est supérieure au rythme, observé et attendu, de l’accumulation des richesses. L’ex « Grande Nation » va droit dans le mur !

 

Il en résulte que la Corse n’a pas vraiment le choix. Dans vingt ans les pensions et les diverses allocations ne seront plus payées et les traitements seront réduits à la portion congrue. On se souvient qu’Haïti, l’un des pays les plus pauvres du monde, île indépendante en 1804 a remboursé à la France une dette de 150 millions de francs or (17 milliards actuels) et ce, jusque dans les années 1950. On sait que ce fut une entrave déterminante à son développement. Alors, il faut anticiper, larguer les amarres, se prémunir d’une catastrophe annoncée et valoriser nos ressources. Devons-nous payer l’incurie de dirigeants d’un Etat aux abois ? Certainement pas ! Le pouvons-nous ? Pour l’exemple, la petite île de Malte, sans autres richesses que celles de son passé, indépendante depuis 1964, a vu son PIB passer de 822 $ par habitant en 1970 à 21.292 $ par habitant en 2011 avec un rythme de croissance soutenu, un taux de chômage modeste et un niveau de vie élevé qui la place, selon le magazine international LIVING, en deuxième position, derrière les Etats-Unis et devant la France et l’Allemagne (2011)

 

Sommes-nous incapables de ces performances avec des atouts autrement plus sérieux que ceux de Malte ?

 

 

P.C

 

 

http://ghjurnaleipatia.blogspot.fr/

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