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 U Rinnovu Naziunali faisait sa rentrée politique ce samedi à Bastia . Une conférence de presse a réuni une trentaine de militants . Le mouvement a réitéré son appel à une union des nationalistes par delà des clivages, réels ou supposés et exprimé sa défiance envers la  gauche insulaire au pouvoir à la C.T.C. , par essence clanique, anti-nationale et par là même anti-sociale.

 

 

La communication du Rinnovu :

 

 "Alors que des échéances électorales et des débats politiques majeurs s'annoncent pour les deux prochaines années, Rinnovu Naziunali présente aux Corses sa Coordination Nationale et son analyse politique.
Coordination Régionale :. Elle offre à la fois un maillage des piève ainsi que des compétences dans toutes les couches de la société corse.

  • Cette  structuration se veut souple et collégiale en références précisément à nos codes culturels et historiques.
  • Elle  intègre également une certaine lisibilité dans l’affichage et une efficacité dans l’action.

                                                                              
La situation Politique de la Corse :
 
> C'est maintenant un lieu commun de dire que la situation politique, sociale et morale de la Corse est confuse, chaotique et problématique : Défiance avec l'Etat, criminalité et  mafioisation, inégalité sociale, dépossession foncière, décorsisation des emplois, perte de repères, pratiques claniques et clientélistes qui reviennent en force. Le tableau est sombre.
 
> Cependant les constats sont de plus en plus partagés, et l'urgence qu'il y a à impulser des sorties de crise s'impose à tous les acteurs politiques et sociaux.
                                                             
Rinnovu Naziunali se félicite de ce signe d'espoir que constitue une unanimité des votants à l'Assemblée de Corse pour un statut d'officialité pour la langue corse, seule solution pour sa sauvegarde comme le disaient les nationalistes depuis des années, y compris alors que la corsophonie était plus vivace.

Dans le droit fil  de ce vote,  les élus de la Corse devraient être en mesure de présenter à l'Etat des propositions de Réforme Constitutionnelle pour répondre aux besoins de la Corse et assurer à son peuple ses droits naturels et historiques.
  L'Etat semble être figé  et autiste envers la volonté démocratique des élus corses. On ne peut opposer systématiquement la Constitution française telle qu’elle est actuellement à une volonté historique d'émancipation conforme à la normalité européenne. S’y opposer  serait revenir à la politique des automitrailleuses de Poniatowski et aux propos de Liber Bou en 1975 affirmant que " même 200 000 corses autonomistes ne sauraient faire changer la constitution" !
 
Cependant, à ce stade des propositions de l'exécutif sur la façon d'insérer la Corse dans la Constitution française (Rapport de l’exécutif suite aux travaux de la commission « Chaubon ») , le Rinnovu est réservé.
 
 Le simple fait de mentionner la Corse dans l'article 72 comme une Collectivité à part entière (sui generis) ne nous apparait pas suffisant  pour rendre opératoire  un véritable pouvoir législatif et une citoyenneté corse avec des pouvoirs protectionnistes spécifiques. Cette analyse est confortée  par les conclusions des Constitutionnalistes consultés à la demande de la CTC.
 Ces droits spécifiques sont ceux qui peuvent être reconnus aux Collectivités d'outre mer comme la Polynésie, telles qu'elles apparaissent dans l'article 74, ou dans un article qui serait spécifiquement rédigé pour la Corse.
La Corse dans l’Article 72 n’aura droit qu’à des spécificités d’ordre économique alors que la Corse inscrite dans un article de type 73 et 74 a droit à des spécificités politiques protectionnistes du fait du droit naturel des minorités en danger.
Ce serait alors le cadre à de véritables pouvoirs autonomes pour la Corse, conformément au projet historique porté le nationalisme naissant en 1974.
Seule un tel niveau d’évolution rendra constitutionnellement recevable le concept de « Citoyenneté Corse ».
Un tel projet d’évolution statutaire, adapté à l'Europe d'aujourd'hui, ouvert à des étapes ultérieures de souveraineté ne pourra être occulté. C'est cette voix que nous exprimerons à l'Assemblée de Corse lors de ce débat institutionnel.
                                                                                                                
Dans le processus qui pourrait se construire aujourd'hui ou demain après les propositions de Réforme de la Corse, il est évident que cela ne pourra être traité qu'au plus haut sommet de l'Etat et non au niveau ministériel.
Ainsi c'est bien le président HOLLANDE qui reste interpellé, face à l'histoire et à ce stade du conflit franco-corse, sur les points suivants:
> -la reconnaissance du fait colonial, (cela a été fait pour la Kanaky, cela a précédemment été admis par le 1er ministre Michel Rocard dans un discours à sa nation).
> -La mise en œuvre d'un processus permettant l'exercice des droits du peuple corse
> -La Réforme constitutionnelle
> -La libération des prisonniers politiques.
La France et plus particulièrement le parti socialiste doit parachever le processus d’émancipation de la Corse dans la continuité des statuts « Deferre 1982 » ; « Joxe 1990 » et « Jospin 2001 ».
A l’heure de la 3eme réforme de la décentralisation française il serait injuste et paradoxale de voire la spécificité corse absorbée par la normalisation française.
 
La coalition dirigée par Paul GIACOBBI
 
Au-delà de la responsabilité historique de l’Etat, cette coalition « Giacobbi » en charge des affaires a une forte responsabilité dans le marasme actuel. Elle n’éclaire pas le jeu car elle  pratique le double langage permanent et une « course de lenteur » qui vise plus à neutraliser les enjeux en vue des prochaines échéances électorales qu’à solutionner le problème corse au fond. D’ailleurs, les antagonismes entre les  factions au pouvoir ne pouvaient que laisser entrevoir une telle situation ambiguë où le décalage est permanent entre les paroles et les actes. On constate aussi que la question centrale du PADDUC traine en longueur et ne sera pas aboutie avant 5 ans au rythme actuel….
 
Il est stupéfiant, d’une part, d'entendre le président GIACOBBI parler, au sujet de l'officialisation du corse "d'un droit naturel des peuples " et vouloir saisir "les instances internationales " en cas de blocage de l’Etat, et d’autre part de ne pas faire valoir pour la Corse l’ensemble des prérogatives qui seront transférées prochainement aux autres régions.(exemple du transfert de la gestion des crédits européens suite à la seule volonté d’harmonisation par l’Europe des politiques régionales). Actuellement  la dualité de compétence (liée à l’absence de transfert de compétence) dans l’agriculture a montré ses limites avec l’incurie qui a favorisé la propagation critique de la fièvre Catarrhale.   
 
Cette coalition « étiquetée à gauche »  est également défaillante sur la question sociale car elle n’a aucune initiative radicale en ce qui concerne un programme d'action sociale contre la précarité. La création de logements sociaux est au point mort, les actions de régulation des prix sont au niveau des incantations, une grande partie de l’île reste un désert médical, le taux de chômage et la décorsitation des emplois sont à leur apogée….. 
 
Force est de constater que cette coalition de gauche est pour le moment tout aussi inopérante que la droite insulaire durant ses 28 années de pleins pouvoirs (1982-2010) ; la crise mondiale ne saurait en aucun cas servir d’excuse au marasme. Les prises de position discordantes de « la coalition Giacobbi » servent en permanence de prétexte aux jacobins Parisiens pour nuire aux intérêts des Corses. Valls a la même posture que jadis un Poniatowski, un Pasqua, un Chevènement ou un Sarkozy.
 
Face à cette situation, le Mouvement National doit se sentir interpellé dans son ensemble. Il doit se positionner pour construire une alternative. Il se doit d’être collectivement un socle ferme qui pousse les Réformes et qui soit le garant contre tout renoncement, contre tout découragement, contre tout enlisement.
 
Rinnovu Naziunali  réaffirme son attachement à un regroupement des forces patriotiques, ce sont les seules forces dont la synergie peut changer durablement la donne en Corse.
Nous refusons l'opposition pernicieuse entre courant  « modéré et radical », entre autonomistes et indépendantistes; au stade actuel, les deux stratégies sont confrontées à l’obligation de solder 40 années de lutte patriotique par une avancée significative.
A la veille des prochaines échéances municipales cette dichotomie entre les indépendantistes et les autres nationalistes  est inopérante, la logique de projet communal doit prévaloir. 
Aussi nous devons réinvestir le concept d'autodétermination et admettre le principe de la « feuille de route » avec pour première étape  la 4eme évolution institutionnelle de la Corse .
Dans la  situation actuelle  le Mouvement National  doit s’efforcer d’être une alternative forte et exemplaire.

Rinnovu Naziunali prend l'initiative d'appeler à la réflexion toutes les composantes du Mouvement National en vue d’aborder avec lucidité les échéances à venir.

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