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 Depuis deux jours, les médias le claironnent avec la gourmandise de rigueur : un djihadiste "d'origine corse" aurait été interpellé à l'Aéroport de Nice et mis en examen pour association de malfaiteur en lien avec une entreprise terroriste. Le jeune homme qui aurait grandi dans une "cité sensible" , se serait converti à l'Islam, radicalisé puis engagé au sein d'organisations terroristes sur le front syrien.

Si les faits sont avérés, ce jeune homme aurait commis le pire des crimes : la trahison de son sang, de son peuple,de l'Europe, de la religion de ses pères. Mais le traitre serait aussi une victime : victime de la politique d'immigration de masse menée par la République Française depuis des décennies, qui conduit de nombreux européens déracinés, acculturés et survivant comme minorité persécutée dans des banlieues sordides, à tenter de susciter un illusoire respect par la conversion et la surenchère salafiste.

 

 

Mais la progression exponentielle du salafisme en Europe  a également été favorisée par l'action trouble de milieux politico-économiques relevant de stratégies de "contrôle par le chaos" élaborées dans les cercles de domination mondialistes. Un activisme étrangement relayé en Corse même par les milieux les plus républicains et progressistes.

Le 25 septembre dernier, l'Assemblée de Corse observait à l'issue de ses travaux et à l'initiative de son président, le communiste Dominique Bucchini, une minute de silence à la mémoire d'Hervé Gourdel, le randonneur français égorgé en Algérie après avoir été enlevé par les membres de Jound al Khilafat, un groupe dissident d'AQMI ( Al Qaida au Maghreb Islamique ) désormais affilié au fameux " Etat Islamique".

Or, en juin 2013, les municipalités de Bastia et Aiacciu, alors contrôlées par la gauche française et républicaine, recevaient en grandes pompes l'ambassadeur du Qatar en France, Mr  Jaham Al Kuwari,  venu en Corse "se faire des amis".  Plusieurs clubs sportifs insulaires avaient bénéficié des largesses qataries, en prélude à des investissements plus importants dans le secteur touristique, selon la méthode éprouvée en maints endroits. Une offensive placée sous le signe du "vivre ensemble", accompagnée, nul n'en doute, d'une prodigue générosité occulte à destination des "amis" corses. Cette visite et ses attendus prolongements n'avaient suscité aucune réaction critique ( hormis CPN et  le Journal de la Corse ) tant de la classe politicienne que des médias insulaires.

 

Car  nul n'ignore le rôle joué par l'émirat wahabite dans le financement et la direction des courants salafistes et djihâdistes les plus radicaux. De la Lybie au Caucase, en passant par l'Irak et la Syrie, le partenariat entre l'émirat et les Frères Musulmans multiplie les foyers de tension, selon une stratégie globale répondant tant à  une logique expansionniste propre qu'à l'agenda géopolitique du bloc atlantiste. Et ce,même lorsque les créatures échappent à leurs créateurs comme cela semble être le cas actuellement avec " l'Etat Islamique" et ses prétentions à menacer les intérêts pétroliers américains au Kurdistan irakien. La destination finale d'une partie des retours sur investissements du Qatar en Europe ne fait donc pas mystère quelles que soient les justifications et  propagandes officielles déployées autour de la "lutte contre les dictatures" d' El Assad ou de Khadafi.

 

Le lampiste corso-niçois va sans nul doute payer le prix fort de son aveuglement quant aux logiques souterraines qui manipulent la révolte et les aspirations idéalistes d'une partie de la jeunesse des banlieues hexagonales. Pour les  donneurs d'ordres, d'ici ou d'ailleurs, les affaires continuent, dans les paradis fiscaux et les banques off-shore, loin , très loin des corps décapités et des populations massacrées.

 

A Squadra

 

 

 

 

 

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