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Le livre "Le combat nationalitaire de la fédération corse du Parti Socialiste Unifié" de Jean-Claude Gillet, ancien responsable national du PSU, paru il y a quelques mois au éditions Alain Piazzola constitue un révélateur de l'évolution du nationalisme corse et de son "aboutissement" actuel . Sa lecture est vivement encouragée pour qui s'interresse aux  mécanismes politiques d'influences, liés à "la guerre occulte " contre les peuples d' Europe ,mis en oeuvre sur le long terme ainsi qu'au rôle de l'extrême gauche dans ces processus.

 

 

. Sur la quatrième de couverture, nous pouvons lire: "C'est en 1966 que le PSU lance comme mot d'ordre politique "Décoloniser" la province". C'est en 1960 que la Fédération PSU de Corse est né en même temps que le PSU national  et il a disparu la même année que son homologue continental en 1990. Cet ouvrage est l'histoire de cette fédération dans toutes les différentes étapes de son existence" "Le PSU corse a traité de tous les problèmes que l'île a rencontrés au cours des trente années de la période: le statut de l'île, le développement, la colonisation, la "décorsisation" des emplois, l'exode des jeunes, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral, l'agriculture et la viticulture (autour des questions de la cheptalisation), les transports, le tourisme, les clans et les appareils politiques traditionnels, la culture et la langue, la violence en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classe sans racine nationale."

 

Le Parti Socialiste Unifié était en réalité un conglomérat de plusieurs tendances gauchisantes, parfois antagonistes, hostiles tant à la très bourgeoise S.F.I.O. qu'au P.C.F. stalinien.

 

 Après la guerre d'Algérie et les premiers frémissements qui ont suivis en Corse, L'ambition du PSU, suite à une analyse économique marxiste, était de "décoloniser la province". Le terme de province est déjà significatif en soi. Il ne s'agissait pas d'appuyer une lutte de libération nationale précise mais de créer des foyers autonomistes et autogestionnaires sur l'ensemble du territoire français pour tenter de créer un phénomène de contamination. Apparu en 1960, le PSU Corse eu peu de succès, avec pour principal ennemi le Parti Communiste. En 1965, il flirte avec l'Union de la Gauche de Jean Zucarelli. C'est en 1966 qu'il commence à exister politiquement en rejoignant dans son combat le Front Régionaliste Corse. "L'avenir de l'équilibre économique de la France est menacé par la dévitalisation voire le dépérissement de la province" écrit Toussaint Marchioni, secrétaire fédéral du PSU. D'après J.C. Gillet, la présence de plus en plus encombrante du PSU est la cause d'une première scission du nationalisme naissant avec la création de l'A.R.C. On se souvient de cette polémique où il était reproché au FRC de vouloir régler les problèmes corses à Paris dans un rapport Capitale-Province douteux pour l'émancipation nationale. En 1968, l'ARC devient la cible du PSU et du FRC, avec un gros titre qui restera une sorte de "leitmotiv" jusqu'à nos jours: "L'Action Régionaliste Corse se démasque": "Analysant les résultats d'élections précédentes, les reports de voix des régionalistes entre la droite et la gauche et les élections législatives de juin, on y affirme qu'il "existe à Bastia 300 électeurs régionalistes de gauche et 800 électeurs régionalistes de droite. Cette appréciation paraît encore confirmée par les résultats obtenus par Georges Viale, PSU, dont le programme est franchement régionaliste et socialiste". Le 29 juillet 1969, Georges Viale est victime d'un attentat. En juillet 1970, Marc Cianfarani, observateur pour le PSU, est rabroué au cours d'Etats Généraux par Edmond Simeoni.

En 1971, Le PSU Corse commence à remettre sa stratégie en cause: "... Dans ces conditions, la possibilité d'un renforcement de la lutte des classes est possible avec la prolétarisation et la paupérisation d'une partie croissante de la population, avec la détérioration du cadre de vie et du milieu naturel par l'accaparement des terres de bord de mer. Mais, auparavant, un travail pédagogique et militant est indispensable pour le PSU, car la masse exploitée n'est pas prête à se regrouper dans un parti révolutionnaire". Cela implique "La participation aux luttes régionalistes dans une optique socialiste afin de ne pas laisser le champ libre à certains mouvements" qui pourraient créer "dans un contexte économique et politique favorable un danger certain de fascisation". plus loin "Il apparait à l'évidence qu'en Corse la lutte des classes passe d'abord par la lutte pour la décolonisation et la lutte pour la reconnaissance des droits d'une ethnie à réclamer son patrimoine historique, culturel et linguistique".

 En 1972, la conclusion est poussée plus loin: "Les partis politiques de gauche (PS-PSU-PCF) portent une grande responsabilité dans le non-aboutissement révolutionnaire de ces combats en raison de leur manque d'analyse juste et de la stratégie adaptée à la situation de l'île. Seule l'ARC sut capter cette situation révolutionnaire à son profit nationaliste". Devant ce constat d'échec, le PSU vas s'adapter et entreprendre un travail "d'éducation de longue haleine" autour de l'idée d'auto gestion,à partir de 1973. Ce camouflage  vas durer jusqu'en 1980. Durant cette période, le constat du potentiel sociologique "fascisant" des classes moyennes et de la société corse en général s'aggrave. Apparait alors clairement la volonté de créer une "nouvelle culture corse" (p. 120). C'est à partir de cette période que l'on a pu entendre des raisonnements comme " Avant de changer la Nation, il faut changer l'Homme".

 

Entre temps, Edmond Simeoni est redevenu fréquentable. Le PSU est mis en sommeil de 1980 à 1985. A partir de cette date,  le PSU va se faire plus agressif. Depuis les années 70, les choses ont changées: il existe maintenant un rapprochement entre "progressistes" et nationalistes qui contestent à la foi l'action du FLNC et l'UPC des "petits bourgeois". Le PSU renommé "Alternative pour une Corse Autonome Socialiste et Autogestionnaire" A CASA PSU s'associe dorénavant aux initiatives de la Ligue des Droits de l'Homme, au MRAP et au collectif Ava Basta, notamment lors de  l'exécution de deux dealers tunisiens par le FLNC. Dorénavant, la lutte anti-raciste vas primer sur toute réflexion politique. Le PSU, qui était dès le départ une instrumentalisation des velléités régionalistes et a opéré durant dix ans un travail psychologique sur la population, va maintenant se lancer dans une opération de terrorisme intellectuel sur les nationalistes afin de les réorienter  . En  1986, c'est  l'appel à voter blanc plutôt que de soutenir "un fanatisme aveugle et des thèses discriminatoires", l'opposition au  slogan IFF ( I Francesi Fora ). S'ensuit la  radicalisation des propos contre le FLNC et l'apologie d'une "culture marquée par un métissage d'une extrême variété", notamment au sein d'une jeunesse de type "hybride" . Pour le PSU Corse, "la société corse de demain qui "sera à coup sûr ouverte et pluriculturelle" ( p.145 ).

 

  Le PSU et ses épigones oeuvrent depuis 30 au remplacement du peuple Corse historique par une jeunesse "hybride ".

 

 En avril 1988, "le FLNC... fait une certaine autocritique concernant ses actions militaires antérieures; parle de notion de peuple corse de manière nuancée, "peuple corse évolutif", et envisage comme perspective de société pour l'avenir de la Corse, celle du socialisme". En février de la même année apparait "PER U PAESE", qui s'empare des thèses du PSU et va tenter de mettre plus en difficulté encore les nationalistes qui s'opposent à cette "évolution". Au sujet du droit de vote des immigrés, par exemple,  l'UPC qui tente de souligner que leur accorder ce droit "pourrait mener à l'utilisation d'une communauté immigrée marginalisée comme masse de manœuvre des menées les plus conservatrices de ceux qui détiennent le pouvoir" est fustigé .

 Le sommet est sans doute atteint avec cette lettre ouverte de PER U PAESE envoyée le 18 juillet 1989 à Max Simeoni qui vient d'être élu sur la liste des Verts aux élections européennes (en accord avec l'UPC et A CUNCOLTA), comme représentant  du Mouvement National Corse . PER U PAESE déclare son accord pour une "convergence des différentes composantes du Mouvement National Corse... et au-delà de toutes les forces vives de l'île". L'élaboration notamment d'une Charte écologique et d'un engagement commun pour le rassemblement "de toutes les minorités de France, territoriales ou non" dans un "espace commun de lutte politique" désormais au niveau européen. Mais l'interpellation de Simeoni se prolonge par ces mots: "quand PER U PAESE a lancé une campagne par pétition demandant le droit de citoyenneté à tous les résidents, tu ne t'y es pas associé, la jugeant "par trop calquée sur une problématique hexagonale". Pour nous la question de la citoyenneté n'est ni corse ni française, ni européenne: elle est UNIVERSELLE. PER U PAESE demande au Peuple Corse de prendre, par ton intermédiaire, position pour l'extension du droit de citoyenneté à toute personne vivant et travaillant dans la CEE".

 

Le P.S.U. et ses successeurs sont donc passés du "vivre et travailler au pays" ( notion en réalité relevant de la droite des valeurs) à l'apologie du nomadisme universel, concept clé du libéralisme, selon la trajectoire classique de l'extrême gauche post soixante-huitarde. De l'autogestion à la Gouvernance Globale ...

 

Le P.S.U et PER U PAESE ont disparu dans les oubliettes de l'histoire mais leur travail de sape et de mise sous controle du mouvement national Corse contemporain est aujourd'hui poursuivi par différents réseaux ( officines immigrationnistes, obédiences maçonniques ...) liés à l'état français.

 

A Squadra .

 

"Le combat nationalitaire de la Fédération Corse du Parti Socialiste Unifié " de Jean-Claude Gillet  ed Alain Piazzola mars 2013

 

 

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