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  Ceux qui, parmi les sympathisants du mouvement national, s'interrogeaient ou s'illusionnaient sur un certain discours du Front National prétendant défendre l'identité corse et les droits de notre peuple en seront pour leurs frais. Dans un communiqué largement diffusé, Jean Marie Le Pen, président d'honneur du parti, remet les pendules à l'heure suite aux propos de Paul Giaccobbi concernant la limitation de l'accés à la propriété foncière pour les non-résidents.

 

Joignant sa voix à celle de la presse cosmopolite parisienne et à celle des affairistes de l'UMP, Le Pen y accuse le président de l'exécutif de la CTC de "reprendre à son compte le discours séparatiste" et de "suggérer des textes ségrégationnistes, portant atteinte au droit de propriété, au bon sens et à l'unité de la communauté nationale".  Même s'il reconnait le grave problème posé par la spéculation immobilière ( sans toutefois proposer le moindre début de solution), le Front National se refuse à toute discrimination et s'affiche comme un défenseur intransigeant du principe républicain d' Egalité, "quelle que soit l'origine, la race ou la religion" selon la formule consacrée au sein du parti tricolore. Le smicard corse et le millionnaire étranger doivent bénéficier d'un droit égal à l'accés à la propriété immobilière et foncière. Les interêts collectifs du peuple Corse, ses droits spécifiques sur sa Terre, ne sauraient être invoqués, ni même évoqués puisque le peuple Corse n'existe pas.

 

        Pour le Front National, les intérêts collectifs du peuple Corse ne sauraient prévaloir sur le "pacte républicain". D'ailleurs le peuple Corse n'existe pas...

 

Jean Marie Le Pen conclut son intervention par un appel à la vigilance lancé aux amis politiques de Paul Giacobbi : " Face à des propos incompatibles avec notre pacte républicain, je crois de mon devoir de demander au Parti Radical de Gauche de condamner les déclarations de Monsieur Giacobbi."

 

Le fondateur du FN clarifie donc la situation mais complique inévitablement la campagne de ses militants insulaires pour les prochaines élections municipales. Ceux-ci devront en effet expliquer au Corses les plus défavorisés, ceux qui ne rêvent même pas d'accéder un jour à la propriété, comment, en vertu des principes rappelés par Le Pen, l'on pourrait les prioriser pour l'obtention de logements sociaux, par rapport à leurs "compatriotes" déversés sur nos rivages par les préfectures des Bouches-du -Rhône ou des Alpes Maritimes. Car le "pacte républicain" est un pack indivisible, à prendre ou à laisser, mais certainement pas manipulable à loisir par de quelconque discours populistes ou électoralistes, de Le Pen comme de Giacobbi...

 

A SQUADRA

 

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