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  Ce petit ouvrage d'une soixantaine de pages, signé Lucien Antoni et Antoine Luciani et paru en 2002 aux éditions Anima Corsa ne bénéficia à sa sortie d'aucune promotion, tant des médias du régime que de ceux liés au mouvement national corse. Il fut pourtant rapidement épuisé et ne peut actuellement être acheté que via internet, en espérant une rapide réédition. Cette conspiration du silence s'explique par un contenu contenu très politiquement incorrect , esquissant une orientation générale pour une politique indépendantiste fondamentalement opposée à celle prévalant alors, et qui perdure aujourd'hui dans une large mesure.

"La nécessaire Sécession" fut le premier bréviaire à donner un contenu idéologique et spirituel à la notion d'Indépendance, et donc à la lutte indépendantiste elle-même, à une époque où les différentes factions nationalistes s'égaraient dans le pseudo-processus de Matignon après s'être déchirées une décennie durant pour quelques illusoires miettes de pouvoir octroyées par l'occupant.

 

Le propos s'articule autour de la notion de Sécession idéologique et de rupture revendiquée avec les "Valeurs de la République", c'est à dire celles du Mondialisme. Le peuple Corse y est défini comme Traditionnel, vecteur d'un être-au-monde et de conceptions anti-modernes, antagonistes à celles du Système.

 

 Extraits :

 

"Il importe de radicaliser le combat. La radicalisation dont nous parlons est d'une autre nature, et c'est pourquoi nous parlons de Sécession et non d'indépendance; cette dernière peut en effet s'accomoder de la pourriture dont elle se libère et garder le venin qui lui a été infusé. La Sécession, entendue à notre manière, implique une différence de niveau, une opposition totale et absolue. Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir, entre la France actuelle et nous, ni arrangements ni compromis, si ce n'est de pure tactique".

 

"La Corse que nous voulons ne sera pas à l'image de la France dont nous sortirons : ce sera une Nation absolument autre, à la fois Traditionelle et Révolutionnaire, qui repoussera le régime actuel comme la lumière repousse les ténêbres."

 

"...La Corse est plus qu'une éthnie, c'est un peuple, ce qui veut dire qu'elle est animée par un principe spirituel, génie, destin, vocation, mission, tous mots qui désignent une même réalité."

 

"La Corse est un peuple, peut-être le seul peuple de l'Occident, s'il est vrai que subsiste en elle quelque chose de son génie, aussi indéracinable que son hynme national, le "Diu vi salve Regina" ,qui a résisté aux préfets et aux évêques. Ce génie c'est la Justice, vertu royale par excellence. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter les êtres les plus humbles, paysans ou bergers : çà, ce n'est pas juste ! Et sur quel ton ! "

 

"Nous savons aussi que les preux, qui combattront et vaincront, ne sortiront pas des rangs des universitaires français, ni de celui des natis, troupeau béat et vaniteux, qui se décore du nom "d'élite" . Dans le coeur d'un pauvre et obscur paysan de l'alma pater paoliste, s'amassent peut-être les antiques vertus de nôtre race, qui crèveront la médiocrité présente pour donner naissance à un nouveau Ciel et une nouvelle Terre . Déjà se profilent les nouveaux linéaments de la Corse future, qui renouera avec l'esprit des pères de la Patrie."

 

 

Les années qui suivirent confirmèrent l'évolution réformiste et intégrée des expressions politiques du nationalisme Corse qui s'incarnera, en novembre 2004 lors de l'affaire Clandestini Corsi, dans la présence ostensatoire de "chefs"  dans une manifestation antiraciste convoquée par la préfecture et les officines immigrationnistes, protégée par la police française. C'est à cette époque également que le leadership du mouvement national tombera aux mains des autono-modérés dont l'idéologie générale, d'essence maçonnique, ne diffère en rien de celle de la République Française.

 

Les "antiques vertus de notre race" ne survivent certes plus qu'à l'état de possibilité  hypothétique au sein d'une population urbanisée, tertiarisée et de plus en plus "diverse". Mais la braise couve sous les cendres et les temps chaotiques à venir seront ceux de la lutte pour l'existence et des choix cruciaux conditionnant notre survie collective ou notre disparition.

 

Plus que jamais demeure nécessaire la Sécession.

 

A Squadra

 

" Corse, la nécessaire Sécession" Lucien Antoni et Antoine Luciani , éditions Anima Corsa 2002

 

 

 

 

 

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