Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Nous reproduisons ici avec son aimable autorisation, un article de Denis Luciani paru dans les "libres opinions" du supplément hebdo de Corse matin du 13 au 19 septembre 2013 :

 

« Nous sommes donc tous " racistes " :

 

  C'est par cette phrase volontairement provocatrice que je commencerai cette tribune pour répondre à la réaction ubuesque d'un député socialiste par rapport aux propositions du président Giacobbi sur le statut de résident. Si je dis cette phrase c'est parce que je suis solidaire des propositions du président Giacobbi et je trouve qu' elles ne vont pas assez loin. Mais je suis surtout scandalisé par les réactions outrancières et ubuesques qui voient le jour dont celle de cet ex-député en mal de médiatisation se trouve etre la version la plus aboutie de betise.

  Oui je dois etre raciste parce que je veux défendre mon patrimoine, ma langue, ma culture parce que je veux que les jeunes corses aient droit à la propriété et ne soient plus exclus de leur terre par la spéculation, meme si celle-ci parait bénéfique à certains " jet-setteurs" d'ibiza. Par ailleurs un des maitres à penser du racisme anti-corse, l'inénarrable Barbier, n'a-t-il pas ajouté que les jeunes Corses n'ont qu'à partir ( "pour s'ouvrir l'esprit" rajoute-t-il avec la sollicitude qui le caractérise ) puisqu'ils ne peuvent plus se loger sur l'ile. " Les "Corses dehors " devrait-il continuer pour aller au bout de sa pensée... la cage sans les oiseaux !

  Oui je doit etre raciste parceque je combats une corsophobie facile qui consiste, en France, à stigmatiser un groupe humain parce qu'il réclame tout simplement le droit à l'existance. Mais surtout en ces temps de pensée unique et de politiquement correct, la fatwa de racisme est devenue l'anathème facile de ceux qui à cours d'arguments ne savent plus quoi faire pour tenter de faire taire d'autres qui n'ont pas la meme opinion qu'eux ( on a eu récemment de multiples exemples ). [...]

  Mais le plus grave est ce qui motive cette campagne relayée par des sondages, faits par des journaux parisiens, qui curieusement n'interrogent la population française hexagonale et évitent d'avoir l'avis de la population corse, pourtant la première concernée. Elle s'appuie également sur certains articles tels les " Dossiers du Canards " qui représentent la revendication de citoyenneté corse comme discriminatoire, avec un amalgame soigneusement entretenu de calomnies et de contre-vérités. Le but des relais médiatiques de la religion jacobine étatique française est de présenter toute revendication de reconnaissance de spécificité culturelle comme illégitime, frappée du sceau du racisme, de la discrimination et de je-ne-sais-quoi encore au nom de l'inquisition moderne du politiquement correct et de la raison de l'état français.

  Ainsi cette campagne vise à faire passer les victimes (les jeunes Corses qui peuvent plus se loger sur leur terre) pour les coupables ( de racisme qui plus est ! ). C'est vrai que le ghetto de Cavallu en 2013 fait penser à celui de Varsovie en 1942.

  Plus sérieusement j'invite donc cet ex-député à porter plainte contre tous ceux qui, en Corse, défendent cette proposition, élus, organisations comme simples citoyens ; à appeler le gouvernement français à rompre les relations diplomatiques avec tous les Etats européens qui pratiquent une législation spécifique dans ce domaine car ils sont selon ses propres propos " racistes et ségrégationnistes " ( je pense que la France se retrouvera rapidement seule ou presque ).

  Il faudrait également mobiliser le Mrap, l Licra, Sos racisme, BHL et je ne sais qui encore pour venir manifester leur soutien à Cavallu et Sperone victimes de l'ostracisme et de la discrimination des insulaires. Quant aux Corses "racistes et culturellement violents de nature " comme chacun sait, ils leur restent à continuer le combat pour la reconnaissance légitime de leurs droits en laissant les loups hurler entre eux : les insultes n'ont jamais remplacé les argements de ceux qui n'en avaient pas.

 

  Denis Luciani.»

Partager cet article