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   Pierre- Dominique Colonna Cesari est l'auteur du maitre-ouvrage "le cinquième judicat" ( éditions Anima Corsa 2010 ) dans lequel il développe, à la lumière de notre plus longue mémoire, une esquisse de politique nationale corse fondée sur les principes de la Tradition Européenne.

 

 

-Pierre Dominique Colonna Cesari, Qui êtes vous ?


- je suis issu d'une famille "mixte" de "sgiô" et de "pastori"; anciens riches et nouveaux pauvres. il semble que cette éducation  a fait de moi une sorte de représentation vivante de ce qu'est devenu le peuple corse historique:
Une belle histoire à raconter, beaucoup d’orgueil et peu de moyens.
Je suis certes resté bien longtemps étudiant, mais plus encore dans le monde du travail, et des plus rudes (purcaghju, mulateru, chauffeur-livreur etc.); ce qui me donne une approche, une compréhension particulière des gens.


-Quelle est la valeur qui vous tient le plus à cœur ?


-Plus encore que le courage, c'est la persévérance.
A ce sujet, la "Cinquième Judicat" est le fruit de cinq années de recherches rébarbatives. En réalité, je crois que c'est la seule vraie qualité de notre peuple. Avec la persévérance, on arrive à tout. Mais en avons nous encore le temps? pour remédier à cela, il faut donc aussi du courage.

 

-Quelle est la signification du titre de votre ouvrage ?


-Les recherches m'ont amené à conclure que l'avenir de la Corse est interdépendant de celui de la Sardaigne. Nous savons que cette île était administrée en quatre Judicats. Quand j’imagine que la Corse est ce cinquième judicat, je fais un clin d'oeil à l'Histoire du moyen âge, surtout après avoir appris que l'inventeur des statuts sardes semble être un juriste corse, originaire du village de Zonza.

 


-Comment est né ce livre ?


- Le Cinquième Judicat est une synthèse entre différentes recherches scientifiques échelonnées dans le temps et l'espace et les propos que j'ai pu entendre auprès de nos compatriotes au cours des années 90... en faisant de l'auto-stop.
Ces idées, je ne les ai jamais entendues dans la bouche des politiciens ni lues dans aucun livre de l'époque, si on excepte des auteurs comme José Gil, Jean François Ferrandi et Olivier Jéhasse. En tous les cas, c'était incomplet à mon goût. Il me semblait donc important de les exprimer. En définitive, je n'ai fait que donner une certaine cohérence, une voix à une sagesse populaire encore bien enfouie à ce moment-là.
Le principe du livre est simple (son développement, en revanche, est plus complexe): Je suis parti d'un principe de Friedrich Ratzel: "l’extension des États va de pair avec l’extension de leur culture". J'ai donc tenu compte de l'idée de Gramsci (un sarde) de donner priorité à la culture. Nous avons tous encore en mémoire le "Riacquistu" des années 70 (créations théâtrales de Dumè Tognotti etc.); le propos est de trouver une nouvelle vigueur culturelle en tenant compte des constantes historiques et déterministes de la Corse. J'ai donc dû rechercher nos origines pour connaître les peuples qui nous sont les plus proches ethniquement, culturellement, et, pour des raisons géopolitiques, géographiquement; Il s'agit, en premier lieu, évidemment, des sardes. Ce n'est une découverte pour personne. En revanche, personne n'envisage autrement nos cousins que comme des voisins, avec le même regard que la France de la fin du XIXème siècle. Nous voyons avec les yeux d'autres personnes; ceux de nos ennemis, en fait.
Le cheminement que nous font faire la linguistique, la séroanthropologie, la génétique, la physioanthropologie, l'archéologie etc. nous fait partir du Caucase jusqu’ici, en passant par l'Ibérie; ce qui, au final, discrédite les discours imbéciles que nous entendons habituellement selon quoi les corses sont constitués de toutes les races possibles. C'est tout simplement faux. On voudrait délégitimer notre combat indépendantiste que l'on ne s'y prendrait pas autrement. Alors, s'il vous plait, oubliez cette propagande!
La seconde idée clef est la découverte d'une période historique où nous avons été capables de passer au stade de civilisation (concepts architecturaux, politiques, religieux originaux). Cette période ne se trouve pas à l'époque Paoliènne mais entre -3000 et -2000 B.C. Pour donner une image, il s'agit de Cauria. Et c'est indissociable de la Sardaigne. Il existe donc un "âge d'or" qui peut être convecteur de toutes les énergies patriotiques. La vulgarisation de cette période est redoutée par les officines mondialistes comme la L.D.H. au point que son représentant s'était exprimé sur le sujet sur les ondes de R.C.F.M. il y a quelques années.
Une fois compris cette période, nous aurons les moyens philosophiques de notre victoire.
Notre grand combat, l'ennemi, c'est la subversion.
Et, comme l'a souligné un ancien cadre du K.G.B. : "n'est subverti que celui qui le veut". Il suffit d'être conscient de ce que l'on est pour juger ce qui est positif ou négatif pour soi. Ce n'est pas à la portée de tout le monde mais pour ceux qui prétendent jouer un rôle politique, il faut commencer par cela: "u pinsà corsu". Ce n'est pas avec les discours réformistes que nous entendons depuis 30 ans que nous allons y parvenir.
Depuis moins de dix ans, les sympathisants nationalistes et le peuple corse dans son ensemble, presque toutes options politiques confondues, prennent conscience de ce fait.
Cela donne les résultats politiques que l'on sait et le succès rapide et grandissant de C.P.N. est révélateur.
il n'y a vraisemblablement rien à attendre d'un changement depuis l'intérieur du mouvement national, car le nationalisme s'est naturellement restructuré de façon clanique. A cela s'ajoute les pseudos principes et l'infection idéologique de la subversion.
Le changement ne se fera que par la création d'un autre mouvement, aux idées si claires, intangibles, si différenciées de ce que l'on a entendu jusqu’ici, que l'on ne pourra pas penser à du scissionnisme. Les divergences idéologiques et économiques sont si importantes maintenant que l'on peut parler d'un "Riacquistu" politique, intégrant les nationalistes révolutionnaires et les conservateurs les plus ancrés dans leur culture.


-Comment le Cinquième Judicat a t'il été perçu ?


- Le livre pêche par sa complexité, et je n'ai pas la prétention d'avoir des talents d'écrivain; en revanche, je sais qu'il a été lu par des gens qui n'achètent jamais de livres. Comme quoi le sujet doit être intéressant... Je sait aussi que beaucoup de ceux qui l'ont lu en ont acheté d'autres exemplaires pour leurs proches. ça aussi, ce n'est pas courant. Il a été compris comme un texte "profond", mais au vu du peu d'exemplaires édités pour l'instant (les fonds sont épuisés), il s'agit surtout d'un succès d'estime. Pourtant, j'observe que des personnalités politiques (nationalistes et U.M.P.) y font référence, parfois même jusque dans les cellules des prisons.
Pour parler de l'histoire de ce livre, disons qu'il bénéficie d'une légère antériorité de celui de mon ami Denis Luciani (les enjeux de la Corse au XXIème siècle, chez le même éditeur). Luciani part lui aussi sur une base historique et géopolitique mais se concentre plus sur une concrétisation politique tandis que le "Cinquième Judicat" va puiser une ressource philosophique comme point de départ, ou "premier mouvement", comme disait saint Thomas d'Aquin, pour une nouvelle course dans l'Histoire. En définitive, les deux livres sont complémentaires. Le fait qu'ils soient apparus quasi simultanément, comme celui de V. Lari, par exemple, signifie bien qu'il y avait un besoin.

 


- Comment voyez-vous le rôle de la Sardaigne dans l'évolution de la Société Corse ?


- Le maintien de nos traditions par le soutien de la culture sarde ne peut se faire que par l'échange. Il est donc vital qu'au moins les sardes de Gallura, dont les grands parents sont originaires d'Alta Rocca puissent s'installer nombreux en Corse. Quitte à avoir une colonisation, autant qu'elle soit faite par nous même (en comprenant aussi les corses de l'extérieur, évidemment). Cela induit aussi un projet économique et social, car nous ne voulons pas les accueillir pour qu'ils se fassent exploiter par nos coquins de petits entrepreneurs. J'y travaille actuellement.


-Vous parliez de la place géopolitique de la Sardaigne; qu'en est-il du reste du monde ?


Sans aller aussi loin que le reste du monde, nous devons établir définitivement qui est l'ami et qui est l'ennemi des peuples traditionnels. Vu la conjoncture, nous ne pouvons que nous défier des États en voie de décomposition avancée tels que la France et l'Italie, qui sont effectivement les chantres de la subversion, au détriment de leur propres peuples.
Dans ma réflexion sur le type d'Etat nécessaire pour la Corse et la Sardaigne (je considère que l'Etat est prioritaire à la nation), j'ai intégré les concepts organiques expliqués par exemple par Julius Evola dans son livre "Les hommes au milieu des ruines" ou d'autres encore . Naturellement, je suis donc arrivé au mêmes conclusions qu' Alexandre Douguine sans en avoir jamais rien lu auparavant. Si nous sommes partis des mêmes bases Européennes et Traditionnelles, il était bien naturel que nous arrivions aux mêmes principes, à la "synthèsis".


-Comment voyez vous concrètement l'avenir proche de la Corse et de la Sardaigne ?


-Vu la situation politique et économique je ne donne pas trois ans avant que quelque chose ne se passe ici. La question est de s'y préparer rapidement et efficacement. Le jour venu nous pourrons proposer une nouvelle page de notre histoire: si ce n' est une réunification immédiate sous un statut de "Grande région Européenne". L'objectif final est un État Cyrno-Sarde anagogique, pas une république bananière. Le tout inséré dans une Europe-Continent, Gage de la survie de nos peuples, de nos traditions, nos religions, nos principes sociaux.

 

  -Quelle a été votre méthode de travail ?


- J'ai totalement dépersonnalisé le sujet au profit de l'ouvrage. d'ailleurs, j’écris sous le pseudonyme du patronyme symbolique d'un de mes ancêtres, l'historien Raôul Colonna Cesari.
Visiblement, ce livre dégage suffisamment d'idées importantes, tirées de l'essence du peuple corse, pour pouvoir survivre sans son auteur, sans publicité. C'est une promesse de réussite. Non pour son auteur, je le répète, mais pour l'intelligence collective qui l'a fait naitre.

 

Merci Pierre Dominique

 

 

 

 

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