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Le samedi 8 décembre 2012 à peut-être été un jour historique pour la Corse.
La veille, dans la nuit du 7, 24 bombes explosent dans l'intervalle de 30 minutes, ciblant des résidences secondaires. Cette nuit bleu a été revendiquée par le F.L.N.C.- Union des Combattants. L'action a eu une certaine portée médiatique et a même été relatée par le journal "La Voix de la Russie".


Le lendemain 8 décembre, l'Île Rousse, cité Paoline et donc Lieu-Symbole, a célébré l'Immaculée-Conception et A Festa di a Nazione par une messe présidée par Monseigneur Olivier de Germay, Évêque de Corse.
En connaissant les rapports souvent conflictuelles entre l’Église qui se trouve sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et des Cultes et les confréries nationalitaires renaissantes, ce rapprochement est fort, particulièrement dans ce moment.

 

L’événement est compréhensible au regard du contexte politique français et du "mariage gay". L’Église étant un pilier de la Tradition, celle-ci comprend qui sont ses alliés dans le monde contemporain et le peuple corse se mobilise volontiers à ses cotés. Et elle sait où se trouvent les franges de population capables de la soutenir dans son combat.
Il faut se rappeler aussi qu'au bout de la lutte acharnée contre nos traditions que mena un des prédécesseurs de Mgr De Germay , le 7 juillet 2007, le pape Benoit XVI donnât raison aux confréries contre Mgr. Lacrampe. Évènement qui a pu changer l'approche du problème par le milieu ecclésiastique insulaire.
Si cette messe du 8 décembre 2012 est un hasard, il tombe particulièrement à point nommé car, ce que l'on oublie trop -et c'est un point sur lequel il faut insister- c'est que le combat nationaliste n'est pas seulement historique, en tant que nation bafouée.

 

Il n'est pas seulement linguistique, du fait de l'acculturation systématique jacobine puis mondialiste.
Le combat nationaliste est aussi philosophique:
Quand les français débarquèrent ici, ils appartenaient à l’Église Gallicane, qui affirmait que Dieu est le Roi; alors que les corses étaient sous l'influence de Saint Thomas d'Aquin qui considérait que le Roi est choisi par Dieu mais que si le Roi se trouve indigne, le peuple est en droit de le renverser.

 

Deux pensées antagonistes qui ont été accentuées par la révolution française. Celle-ci ayant une conception linéaire de l'Histoire, alors que les corses en ont toujours la conception circulaire traditionnelle.
La pensée linéaire "progressiste" est fondée sur l'adaptation, ce qui suppose le rejet pur et simple de toute tentative d'évaluation de l'Homme par l'Homme. Ce penchant "réactionnaire" et circulaire de l'Histoire pour la comparaison et le jugement de valeur est devenu anachronique dans une période, comme la nôtre, qui fait de l'adaptation une vertu cardinale: "Surtout ne jugez pas, avancez!" Reste à savoir dans quelle direction... Les réformes de ces dernières années nous en donnent une idée.

 

Des chercheurs comme Avon-Soletti estiment que, historiquement, les poussées de consciences nationales corses sont étroitement liés à l’ascension de l'influence de l'église dans le peuple.
Peut-être vivons nous une période charnière; encore faut il avoir les moyens et la volonté de saisir l'Histoire...

 

A Squadra

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