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Fondé en 1984, le Parti Communautaire National-Européen revendique l'héritage idéologique de Jean Thiriart , fondateur dirigeant de l'organisation Jeune Europe ( 19621969) .Le PCN lutte pour une Europe unitaire de Brest à Vladivostock , dépassant les "petits nationalisme" et libérée de l'occupation atlanto-sioniste .Le PCN , travaille à l'édification d'un Front Quadricontinental anti-impérialiste américain, s'appuyant sur" bloc de l'est" renaissant . Rencontre avec Olivier Leclerc , responsable du PCN au québec :

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1) « Le Québec, Province de la grande Europe », peux-tu expliquer ce slogan à première vue paradoxal ?

 

Le PCN est un parti qui raisonne en termes géopolitiques, et pas seulement idéologiques (les deux ne s'excluent pas et sont évidemment reliés). Nous devons tenir compte de la principale force impérialiste mondiale que sont les États-Unis et qui imposent leur loi partout sur la terre. Depuis la fin de la «Guerre Froide» (et même bien avant), ils ont voulu créer un monde unipolaire composé d'un cercle d'alliés solides et d'une périphérie d'États contrôlables et corruptibles.  

Un pays qui s'élève contre cet état de fait, qui tente de construire un système politique qui leur déplaît, ou qui démontre tout simplement trop d'indépendance par rapport à eux a peu de chance de survie. Les nombreux exemples de l'actualité récente le démontrent bien. Pour s'opposer à l'impérialisme, il faut penser de façon continentale, en terme d'alliance de principes, d'opportunités, et de rapprochements culturels. Chavez l'a bien compris et c'est à une véritable nationalité bolivarienne qu'il travaille sur tout le continent sud-américain, pas seulement pour le peuple vénézuélien.  

De la même façon, ceux qui veulent l'indépendance et la liberté du continent africain s'appliquent à son unification, et personne ne contestera qu'il n'y a pas d'autre alternative face au néocolonialisme exploiteur et diviseur. Le cas de l'Europe n'est pas différent, même si le contexte d'exploitation n'est pas le même que dans celui des pays semi-coloniaux ou « en voie de développement » (comme on le dit pudiquement). 

Nous croyons qu'un Québec indépendant avec un régime politique « alternatif » sera victime tôt ou tard des manigances des impérialistes américains et canadiens. Nous tenons à ne pas devenir un 2e Cuba, étranglé par les embargos et les menaces constantes d'interventions armées. En plus que les États-Unis et le Canada seraient fort probablement plus expéditifs envers nous ; ils ne nous laisseraient pas la chance de nous développer. 

C'est pourquoi nous nous tournons vers notre alliée naturelle dont nous sommes en majorité les descendants, l'Europe. Pas l'Europe actuelle, celle des technocrates de Bruxelles qui menacent la Grèce et de l'OTAN qui bombarde la Libye, mais une Europe libérée du Capital et dont la nationalité serait synonyme d'émancipation, dans le respect des cultures et des peuples. Cette Europe là semble de moins en moins éloignée, et on en parle de plus en plus, à Moscou entre autre. 

Donc, pour répondre directement à votre question, « Le Québec, Province de la Grande Europe », c'est un Québec indépendant mais dont ses citoyens auront aussi la nationalité européenne, avec une économie et une défense communes, ainsi qu'une vision du monde différente de celle de la société marchande actuelle.  Pour tous ceux qui militent depuis des années à faire du Québec un pays, un État indépendant, le terme de « province » peut sembler louche à 1ère vue, mais nous nous donnons comme mission de les éveiller à cette conscience géopolitique. Il suffit de voir des sites comme   http://www.vigile.net/  pour comprendre que cela fait son chemin chez les indépendantistes.  

 

2) Quelle est votre position sur le mouvement souverainiste québécois ? Le soutenez vous ?


Il faut comprendre qu'il y a une élite politicienne qui puise ses racines dans une bourgeoisie nationale typiquement québécoise et qui contrôle les principaux partis souverainistes, c'est-à-dire le Parti Québécois au niveau provincial et le Bloc Québécois au niveau fédéral. Cette élite politique et financière ne désire l'indépendance que pour mieux concurrencer sa consœur canadienne. Elle veut ses propres structures étatiques afin de mieux appliquer le projet néolibéral pour son propre compte. Elle a compris que plus de pouvoirs décisionnels politiques et économiques suffisent, et c'est pourquoi elle remet la véritable indépendance du Québec à un échéancier toujours plus lointain, se contentant simplement de réclamer plus du gouvernement fédéral. 

Heureusement, de plus en plus d'indépendantistes s'en aperçoivent, d'où la crise actuelle de ces partis. Par contre, les alternatives à ces partis ne doivent pas les singer, c'est-à-dire se composer de politiciens professionnels démissionnaires des deux autres et d'un programme politique capitaliste. C'est là un point essentiel que nous voulons soulever : l'indépendance du Québec doit s'accompagner d'une remise en question fondamentale du système capitaliste et parlementaire actuel, à défaut de dire : d'une véritable révolution. Ce qui signifie le renversement de cette classe politicienne et financière tant canadienne que proprement québécoise, et de la culture made in USA qui sévit chez nous. 

Dans le reste du mouvement indépendantiste, plus marginal mais porteur d'espoir, il y a des forces lucides et qui s'orientent de plus en plus vers une alliance entre le combat national et la lutte sociale. C'est vers cela que nous devons tendre. Nous appuyons donc ces dernières forces et nous répétons que l'indépendance du Québec ne doit pas se faire à n'importe quel prix et avec n'importe quel système politique. En fait, une indépendance comme la souhaite un Gilles Duceppe, ex-chef du Bloc Québécois, pourrait s'avérer encore pire que la situation actuelle puisque ces élites souverainistes dont nous avons parlé veulent renforcir les liens économiques et politiques avec nos voisins américains. En clair, s'aligner politiquement sur eux et dépendre économiquement encore  plus d'eux.   

 

3) Jean THIRIART et ses thèses sont-ils connus au sein des milieux militants du Québec ?

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Je dirais presque totalement inconnus, mais nous nous donnons comme mission de les faire connaître. Par contre, il ne faut pas réduire le PCN qu'à Jean Thiriart, qui en est une source d'inspiration importante, mais pas la seule.  

Il faut dire qu'au Québec, les partis « marginaux » et les idées qui s'écartent du libéralisme ont jusqu'à récemment eu moins de succès qu'en Europe, par exemple. Les partis communistes inscrits sur les listes électorales, au fédéral comme au provincial, n'ont jamais dépassé que des scores infinitésimaux. Québec Solidaire, une coalition politique provinciale d’orientation social-démocrate, n'a réussi aux dernières élections qu'à faire élire un seul député, Amir Khadir, l'un de ses porte-paroles. Au fédéral, pour la 1ère fois en mai dernier, le Nouveau Parti Démocratique (lui aussi social-démocrate, mais encore moins « engagé » que QS), a réussi à composer l'opposition majoritaire. Nous ne sommes pas naïfs et n'espérons rien de ces partis qui ne constituent en rien une alternative au système. 

 

4) Quel est le sentiment général des Canadiens (francophones et anglophones) vis à vis des USA ? Se sentent-ils « américains » ?


Il y a bien sûr une différence entre la population générale et le gouvernement canadien, qui lui s'est aligné depuis toujours sur la politique américaine. Avec le 1er ministre Harper, notre Bush  local, c'est pire que pire. Il a assisté les Américains dans toutes leurs entreprises guerrières depuis le début de ses mandats, et Israël a même déclaré le Canada comme étant son plus grand allié. 

Au niveau du Canada anglais, il y a une proximité culturelle indéniable entre les descendants britanniques canadiens et américains. En plus de la langue, ils sont majoritairement protestants tous les deux. Le sentiment d'hostilité contre les Américains y est nettement moins développé qu'au Québec, on peut le constater dans les sondages sur l'appui aux différentes guerres, qui est toujours plus élevé dans le reste du Canada qu'au Québec.  

Au Québec, et chez les francophones hors Québec, même parmi ceux qui ne sont pas indépendantistes, il y a beaucoup plus de méfiance et de distance par rapport aux États-Unis. Bien sûr, il y a toujours eu des imbéciles pour admirer béatement le « rêve américain », que le cinéaste engagé Pierre Falardeau a très bien caricaturés dans ses films « Elvis Gratton ». Depuis septembre 2001, et depuis la parution du « Manifeste pour un Québec lucide » en 2005, véritable pamphlet néolibéral, des forces néoconservatrices se sont organisées et ont infiltré les équipes d'éditorialistes de plusieurs journaux. Même des gens qui ne se définissent pas comme tels ont fini par être influencés par le discours sur le « choc des civilisations ». Un sociologue de plus en plus cité ici, Mathieu Bock-Côté, a même affirmé que la puissance américaine était un moindre mal, nécessaire à l'équilibre planétaire ! Il a d'ailleurs été embauché comme chroniqueur dans un quotidien très antisyndical et néolibéral…

 

5) La stratégie de « front unis antisystème » prônée par le courant NR se concrétise-t-elle au Québec ? 


Le nationalisme-révolutionnaire est un courant parmi d'autres au sein du PCN. Nous nous revendiquons de l'Ecole socialiste, et nous ne sommes pas une « gauche nationaliste » ou une « droite socialiste ». Au sein des mouvances NR, plusieurs groupes se définissent comme étant ni de gauche, ni de droite, mais curieusement, ils font souvent front commun avec des partis et des mouvements d'ultra droite tels que le Front National, dans le cas français.  

Au PCN, nous avons toujours eu des rapprochements avec des organisations véritablement NR comme les partis Ba’ath irakien et syrien, ainsi que des partis de la mouvance « nationale-communiste » et marxiste-léniniste, en Europe, en Afrique et ailleurs. 

Au Québec, le courant NR tel qu'il est généralement défini aujourd'hui est très récent. En dehors d'individus isolés qui pouvaient s'en réclamer dans les années 80 et 90, il est apparu pour la 1ère fois autour de la revue « Aquila » à la fin des années 90… Encore que cette revue ne donnait qu'une voix au courant NR et NB, sans toutefois se définir entièrement comme telle. Par la suite, quelques blogs et organisations se réclamant de telle ou telle orientation du NR ou du NB sont apparus. Évidemment, les médias locaux comprennent mal ce phénomène et, à tort ou à raison, le dénoncent souvent comme étant « fasciste » sans plus de procès. Nous l'avons vu avec « l'affaire Jean-Roch Villemaire » et le MNRQ. 

Dans les années 60 et 70, profitant du vent de contestation propre à cette époque et des mouvements de décolonisation, il y a eu une forte tendance nationaliste-révolutionnaire qui a culminé avec le Front de Libération du Québec. Par contre, ses sources et ses références étaient plus proches de Marx et de Fanon que de la Nouvelle Droite ! Encore aujourd'hui, quand on regarde l'orientation de certains groupes indépendantistes, on constate qu'elle se rapproche beaucoup de celle de ces années-là. Nous sommes donc dans les balbutiements de ce courant au Québec et l'avenir nous dira comment il se développera. 

S'il y a un « front uni antisystème » au Québec que nous devons prôner, c'est plutôt une alliance entre les masses laborieuses de plus en plus victimes de la paupérisation, les étudiants et les jeunes pour qui l'avenir n'est pas rose, les autochtones et les minorités ethniques laissées à elles mêmes. Dans le cas des autochtones, nous sommes favorables à leur autodétermination, mais ce sera à eux de décider dans quel cadre. Pour ce qui est des minorités ethniques, souvent prisonnières entre leur culture d'origine et la culture américanisée de la société de consommation, nous leur laisserons le choix de s'organiser comme elles le veulent sur le plan culturel. Par contre, la citoyenneté dans notre État communautaire exigera une unité politique qui ne reconnaitra que des citoyens égaux en droits et en devoirs! Il y a aussi le cas des Noirs américains dont la frange la plus révolutionnaire revendique le droit de se définir comme un peuple à part entière, colonisés et ostracisés encore aujourd'hui, et qui veulent s'émanciper à leur façon, et non à la façon dont les Blancs décident pour eux. La situation des Noirs au Québec est différente, mais il y a tout de même un parallèle. Nous ne pouvons nous définir comme une nation colonisée et exiger notre indépendance sans l'autoriser aussi pour les autres. 

 

6) Le mouvement des indignés s'implante-t-il au Canada ? Qu'en pensez vous ?

 

Il s'y est implanté dans les grandes villes, et les « indignés » occupent toujours deux places publiques symboliques à Montréal et à Québec (pour ce qui est du Québec). Bien sûr nous trouvons ce mouvement sympathique a plusieurs égards, mais nous ne nous faisons pas d'illusion non plus à son sujet. Le PCN est un parti léniniste, c'est-à-dire qui croit à la nécessité d'une avant-garde organisée et disciplinée au sein des masses afin de les élever à un niveau de conscience sociale et politique qui dépasse le spontanéisme.  

De la Révolution française à la Révolution bolchévique, en passant par toutes les autres victoires sociales majeures et les luttes de libération nationale au 20e siècle, toutes l'ont été sur le modèle d'un tel parti. La bourgeoisie ne se laisse pas déloger par des manifestations pacifiques ni des revendications confuses, et encore moins l'hyper-classe ploutocratique à la tête du capitalisme mondial.  

S'il ne s'essouffle pas par lui-même, le danger du mouvement des « indignés » est de finir récupéré comme l'a été son frère jumeau, le mouvement altermondialiste, qui ne propose qu'un capitalisme « à visage humain », ce qui fait bien l'affaire de nos dirigeants. La bienveillance dont ceux-ci font part au Québec à propos des « indignés » est d'ailleurs  fort suspecte… jusqu'à ce qu'ils se tannent. 

 

7) Le PCN s'est honoré en s’engageant résolument aux cotés de la Jamahiriya libyenne. Quel seront ses prochains combats ?


Vous n'êtes pas sans savoir que le combat pour la Jamahiriya en Libye n'est pas terminé, tout comme celui de la résistance baathiste irakienne qui se poursuit toujours! Dans les deux cas, nous les appuyons sans réserve. Le PCN défend la souveraineté nationale et l'indépendance de tous les peuples, et à plus forte raison quand ils sont attaqués par l'impérialisme américain, qui est le principal agresseur des peuples depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Même dans le cas de régimes que nous ne soutenons pas, tel que celui des Talibans en Afghanistan, nous avons évidemment dénoncé les agressions dont ils étaient victimes.  

Dans le cas de la Libye, non seulement le premier critère s'appliquait, mais en plus nous défendions depuis des années le système politique de Kadhafi, le « pouvoir des masses », la démocratie directe, le socialisme arabe laïque. Ce n'est un secret pour personne qu'en étant au PCN, nous faisons aussi partie du Mouvement Européen pour la Démocratie Directe (http://www.medd.info/ et http://facebook.com/medd.mcr) qui lui est la branche européenne de la grande famille du Mouvement des Comités révolutionnaires libyens, comprenant aussi le Mouvement Africain pour la Démocratie Directe ( https://www.african-action.net ). Il était normal que nous soyons à l'avant-garde du combat pour la défense de la Libye verte. Avant même le début des troubles et des hostilités en Libye, suite au « printemps arabe », Luc Michel était le premier à annoncer l'offensive de l'impérialisme américain qui allait mener à ce que nous avons vu en Libye, en Syrie et ailleurs. 

http://vimeo.com/26435385

Les Comités ELAC (Euro-Libyan Action Committees / http://www.elac-committees.org/ et www.facebook.com/EuroLibyanActionCommittees.ELAC ) furent la 1ère structure créée pour la défense de la Jamahiriya en Europe, suivis d'autres comités apparentés sur tous les continents, tout comme l'avaient été les Comités Irak (http://www.free-iraq.org/ et http://facebook.com/iraqcommittees) en 2003. Des opportunistes aux motivations douteuses ont suivi tardivement, alors que pour certains ils dénonçaient auparavant Kadhafi et se réjouissaient des soi-disant « révoltes populaires », qui étaient en fait, nous le savons maintenant, des insurrections armées d'islamistes financés et organisés par l'Occident. Ça aussi, qui est maintenant un fait avéré même par plusieurs impérialistes eux-mêmes, nous avons été les premiers à le dénoncer. Maintenant, les Américains et leurs marionnettes du CNT se trouvent dans un réel bourbier, et la résistance libyenne, qui peut compter sur le soutien de la majorité de la population, ne fait que débuter. Nous ne les lâcherons pas ! 

Quels seront nos prochains combats ? Malheureusement, si l'on se fie à l'offensive mondiale de l'impérialisme américain qui a le vent dans les voiles depuis des années, nous n'en manquerons pas. A la défense de la Cause des Peuples et pour un front quadricontinental contre l'impérialisme et l'exploitation, nous serons de toutes les batailles. Nous sommes déjà mobilisés sur plusieurs front: Syrie, Algérie, Bélarus, Russie et CEI II (Ossétie du Sud, Abkhazie, PMR/Transdniestrie) entre autres.  

Tag(s) : #Rencontres

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