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  Les réflexions suivantes s'adressent aux tenants d'une lutte indépendantiste véritable et non pas seulement affichée sur un mode publicitaire. On les étudiera en gardant à l'esprit le contre-exemple européen et contemporain  du Kosovo, laboratoire de manoeuvres liées  au "grand jeu" géopoltique incluant des mise en place de pseudo-indépendances.  Bien qu'un sujet si vaste ne puisse être développé dans toutes ses subtilités ici ..

      http://tsawr.files.wordpress.com/2008/02/article_cpshhx76170208185041photo00photodefault-512x341.jpg

 

 Science Politique: se préparer à toute éventualité, première partie.

 

        Nous allons aujourd'hui nous exercer à une projection sur l'avenir selon des méthodes bien établies. Ce type de réflexion reste ordinairement caché au public à cause des risques qu'il comporte. Toute fois, nous voulons bien prendre ce risque à titre pédagogique car la science politique, au même titre que le renseignement, dénote d'un état d'esprit, d'une culture qui sont nécessaires à tout groupe social, politique ou métapolitique. Et cette culture d'analyse n'est pas l'apanage de cercles hermétiques. Les corses doivent êtres conscients des causes de leurs combats et de leurs objectifs. Et pour mieux définir cela, comme le suggérait Thucydide sur le plan militaire, ils doivent perpétuellement s'entraîner, devant chaque situation, à y répondre politiquement à cours, moyen et long terme. Seul un peuple conscient du monde qui l'entoure peut prétendre à quelque émancipation.

 

        Concevoir toujours tout dans une vision d'ensemble. Agir, car tout acte s'avère efficace  est le prélude à d'autres encore plus efficaces. C'est là l'enseignement principal que nous pouvons tirer d'une préparation scientifique adéquate. Ne serait-ce que parce qu'il peut nous être d'un grand enseignement du point de vue de l'attitude mentale et de nous aider à adopter un indispensable esprit critique.

 Il faut donc être en mesure de dominer des catégories scientifiques et de les adapter à la réalité la plus profonde, qui est en grande partie irrationnelle et favorise les capacités d'improvisation. Il faut faire en sorte que l'improvisation et les canons scientifiques cohabitent en s'équilibrant.

 

Le modèle scientifique à ses limites car la science déshumanise; parce que sa perfection vient d'une approche extérieure aux choses.

La scientificité donne un caractère concret à nos actes, les orientant vers des objectifs réalistes. Il s'agit d'un clef pour comprendre la réalité, d'un ensemble de lois statistiques et pratiques qui aident à diriger l'action, à la rendre profitable en limitant les efforts inutiles, en évitant dès le départ des malentendus, aussi bien que les tentations de chercher refuge dans les chimères. La méthode scientifique nous enseigne à faire de la politique. Au sens technique, en dehors des qualités individuelles (c'est là l'importance de la méthode) ou dans un sens plus large: avec réalisme et objectivité. Il n'est peut-être pas nécessaire de maîtriser cette méthode pour survivre politiquement mais une préparation qui intègre une certaine dose de scientificité ne sert pas uniquement à assurer une continuité, mais aussi à en guider les tentatives d'affirmation. Pour sortir d'une "posture".

 

L'analyse de différents cas nous enseigne par exemple à ne pas concevoir un acte politique comme une fin en soi, mais dans une vison vaste, à plusieurs dimensions. Ils nous incite à garder les distances qui s'imposent par rapport aux actes individuels, à ne pas nous y attacher émotionnellement au point de devenir obnibulés par eux (ce qui est particulièrement le cas depuis 1995) ou encore l'importance de la connaissance historique et sociologique, ainsi que les lois statistiques. Celle-ci ne sert pas qu'à éviter des désastres, mais aussi à savoir organiser judicieusement nos forces. Savoir, par exemple, qu'un type humain déterminé, dans un certain milieu géographique et social, répond à un type d'impulsions donné, c'est savoir à l'avance comment il réagira, une fois qu'il aura été exposé à une force idéologique quelque peu différente et que les émotions initiales, les animosités et les enthousiasmes se seront assoupis. C'est quelque chose de très important, si l'on veut gagner à nous une certaine catégorie de personnes. Il faut en prévoir les contrecoups et anticiper l'inévitable reflux, si l'on ne veut pas bâtir sur du sable.

 

 

 

        Du point de vu théorique, la science politique prétend enseigner dans les moindres détails à faire de la politique. Sa grande force est de déterminer les différents critères qui caractérisent la politique et à ne pas en confondre les différents plans. Elle aide à distinguer clairement trois niveaux différents:

 

        1) La Stratégie 2) La Tactique 3) La méthodologie.

 

L’exercice que nous proposons est basé à la foi sur la scientificité politique et le "kriegspiel"; un exercice stratégique considéré comme très sérieux. Le kriegspiel étant aux officiers d'Etat Major ce que la manœuvre est aux officiers subalternes et aux troupiers au niveau de la tactique. Cela se présente comme un compte rendu de situation puis un exercice de prospection en attribuant à chaque élément un comportement réaliste défini par des règles. Comme la science politique, le problème du kriegspiel en est les règles car si elles se trouvent inadaptées au terrain, c'est la catastrophe assurée. Nous y rajouterons donc une part de "croyance rationnelle" décrite par Cicéron et si proche de nos mentalités.

 

 

 

         Nous avons donc choisi comme thème de réflexion le sujet des indépendances récentes, en particulier celui du Kosovo: Dans quelle mesure une indépendance de ce type, offerte sur un plateau par l'O.T.A.N. ou toute autre puissance financière à des bandes mafieuses peut-elle intéresser le cas de la Corse? Disons les choses autrement: Veut-on l'indépendance à tout prix? Au profit de qui? De quelle politique sociale et économique? Si nous nous trouvions devant le fait accompli, quelle sera notre réponse politique? Pourrions nous trouver avantage à cette situation?

 

Nous avons donc choisi pour illustrer le sujet le thème du livre de François Santoni intitulé "Contre-enquête sur trois assassinats: Erignac, Rossi, Fratacci" in Editions Denoël Folio documents 2002. On peut penser ce que l'on veut de l'Auteur et de ses assertions qui pouvaient n’être des masques successifs mais son analyse ne vaut pas moins que celles qui ont cours actuellement. Et elle est particulièrement ajustée au sujet qui nous intéresse.

 En voici un extrait :

 

           "Tenter de remettre en place les pièces du puzzle, du moins celles qui sont connues, c'est commencer à répondre à ces questions. C'est aussi entrevoir, autour de l'assassinat de Claude Erignac, quelque chose de plus effrayant qu'un simple commando d'extrémistes nationalistes. Car pour moi, l'assassinat du préfet Erignac s'inscrit dans une opération de grande envergure, un plan sur plusieurs années, dont le but est de s'emparer de la Corse. Les promoteurs de ce crime évoluent dans le monde des affaires et du pétrole, à Paris, en Corse, en Afrique et ailleurs. Ces gens brassent d'énormes quantités d'argent, des milliards pas toujours très propres et qu'il faut faire circuler dans des circuits parallèles, qu'il faut "blanchir" avant de les réinjecter dans l'économie légale. Pour eux, la Corse présente trois gros avantages. C'est un terrain vierge, sans infrastructures et donc le site idéal pour implanter un nouveau système de blanchiment d'argent. Lîle est à moins d'une heure de vol de Nice ou de Marseille, à trois heures de bateau de l'Italie. Et surtout, c'est pour les piliers de ce réseau affairiste, tous d'origine corse, une façon de réinvestir "au pays". 

 

          Pour y parvenir, il faut impérativement obtenir un changement de statut de l'île et prendre le contrôle de l'appareil politique, c'est à dire de l'Assemblée de Corse. La première tentative est menée en 1994, lorsque Charles Pasqua négocie par mon intermédiaire avec le FLNC Canal historique, pour obtenir l'obtention d'un statut de territoire d'outre-mer. En fait, à ce moment-là, il est clair que certains veulent utiliser la revendication nationaliste pour mettre sur pied un projet économique dans lequel nous n'avons rien à voir. Nous le savons, mais nous avons toujours pensé que si la négociation était parvenu à son terme, nous aurions été capables de régler ce problème par la suite. Car je pense que les représentants des gros intérêts, cachés derrière ces manipulations, avaient l'intention, une fois adopté, de liquider les nationalistes. Soit en les achetant pour les faire entrer dans leurs structures -ils auraient toujours eu besoin de vigiles et de petites mains pour les sales besognes- soit en les éliminant physiquement. L'opération tombe à l'eau après la conférence de presse du Cnal historique à Tralonca. Le gouvernement Juppé se cabre, il n'est plus question de négocier avec les nationalistes. Puis Lionel Jospin arrive au pouvoir. Les affairistes doivent imaginer un plan. Relancer une nouvelle négociation risque de prendre du temps, et de se terminer de nouveau en impasse. Il faut cette fois frapper un grand coup, créer un choc majeur. Plusieurs options sont envisagées. Tuer un élu? Tuer un responsable nationaliste? L'idée est avancée, quelques noms sont mêmes évoqués: José Rossi, le président de l'Assemblée de Corse, René Modat, président de la Chambre d'agriculture de Corse-du-Sud, Jean-Michel Emmanuelli, militant nationaliste. Mais le projet est abandonné. Dans le contexte de la Corse, ce serait un mort de plus, sans l'effet escompté au niveau national. Reste le Préfet. Toucher au préfet, c'est véritablement s'en prendre à l'ossature de l'Etat. C'est aussi contraindre l'Etat à réagir de façon très forte, face à une opinion publique lassée depuis des années par les turbulences de l'île. Une opinion prête, comme le montrent les sondages d'alors, à lâcher la Corse. Il suffit de lui donner un coup de pouce décisif... 

 

Pour cela, les contacts corses du réseau parisien se rapprochent du groupe bastiais du FLNC Canal historique. Ceux qui naguère discutaient avec moi, mandatés par la place Beauvau, font passer la consigne à mon entourage: la donne a changé; "il faut laisser tomber François". Désormais, ce sont des gens gravitant dans une sorte de structure parallèle, autour du pôle bastiais Cuncolta-FLNC Canal historique, qui sont les interlocuteurs du moment.

 

Un travail de persuasion est entrepris, afin de créer les conditions du passage à l'acte. C'est curieusement à cette époque qu'une rumeur prend corps et circule dans les milieux nationalistes corses: il y aurait un important gisement de pétrole sous la mer, dans les eaux territoriales au large de Biguglia, sur la côte orientale. Ce n'est pas la première fois que l'on parle de cet or noir en Corse. Elf et Total s'y étaient intéressés en 1977, après des études sismiques qui avaient décelé l'existence d'un réservoir potentiel à 3,5 km de la côte. La poche devait se trouver entre 860 et 1160 mètres de profondeur par rapport aux fonds, situé à 51 mètres de la surface. Mais les études ont été abandonnées et le forage d'exploration n'a jamais été entrepris. Fin 1997, le dossier refait surface avec de bien curieux échos. On entend ici et là des affirmations péremptoires. "Il y a du pétrole en Corse." "Demain, la Corse sera le Koweït." "On est assis sur une fortune qui dort." Toutes ces rumeurs arrivent aux oreilles de l'hebdomadaire "Le Journal de la Corse", qui publie, le 23 janvier 1998, un long article sur le sujet. Titré en une "Le gisement de Biguglia toujours intact", l'article donne encore plus de corps aux bruits qui courent. Un simple bruit? Non. Car après une petite enquête, je découvre avec surprise que le dossier "Biguglia", qui dort désormais depuis des années dans les tiroirs d'Elf, a été réouvert à l'automne 1997. Total s'est depuis longtemps retiré de la course, et d'ailleurs les permis de recherche qui avaient été accordés aux deux compagnies sont périmés. Mais Elf relance une étude menée dans ses bureaux parisiens de La Défense, à partir des données sismiques de 1977. En vingt ans, les ordinateurs et les programmes de calcul ont fait d'énormes progrès. Les données anciennes vont donc être injectées dans de nouveaux logiciels, capables de déceler ce que les anciennes méthodes ne pouvaient voir. Du pétrole en Corse! Une manne fabuleuse, capable de réveiller tous les fantasmes, dont celui de l'indépendance. Car le problème est simple: si le gisement est découvert par la France, adieu les dollars. En revanche, si la Corse acquiert son indépendance à marche forcée -et alors il faut faire vite- les royalties tomberont dans la caisse corse. Il y a là de quoi pousser les gens, idéologiquement prêts à passer à l'action, à franchir le pas. Le noyau dur bastiais sait sur quel sous-groupe manipulable s'appuyer. Il suffit de les convaincre que l'heure est venue pour la Corse d’accéder à l'indépendance, que les dirigeants nationalistes précédents ont trahis en cherchant à négocier avec Paris; que l'île a les moyens de son indépendance et qu'il faut faire vite. Les Bastiais suivent de près les contacts renoués avec le gouvernement Jospin et s'en inquiètent. Ils savent que si les négociations reprennent, ils en seront écartés, qu'ils seront marginalisés. Il leur faut reprendre l'initiative. Tandis que certains recherchent à nouveau une sortie par le haut pour le mouvement nationaliste, au travers de discussions politiques, eux et leurs conseillers parisiens du ministère de l'Intérieur préfèrent jouer la carte de la sortie par le bas, du chaos entretenu. Et comme ils soupçonnent le préfet Erignac de servir de relais entre la Corse et Paris, son sort est scellé".

 

 

 

 

 

 

 

          Nous ne reviendrons pas sur la crédibilité de l'arrière-fond de cette analyse mais sur sur son thème.

 

          1) La Corse peut-elle être politiquement le sujet des pensées de "tiers intéressés" celon l'expression de Carl Schmitt ?

Oui, positivement ou négativement; à une échelle continentale mais aussi sub-politique comme peut l'être un groupe d’intérêt affairiste, religieux ou mafieux. La question pour nous est d'analyser tous les intérêts (qui peuvent diverger) que pourrait représenter l'indépendance de notre terre pour ces groupes. Il faut tempérer cette habitude d'insulaires de croire que nous sommes seuls au monde et quand on s’aperçoit que ce n'est pas le cas, de rejeter systématiquement l'étranger avant d'avoir compris l’intérêt que l'on peut en tirer.

 

          2) L'indépendance est-elle crédible?

 

          Plus encore que crédible, elle est vitale pour notre survie et beaucoup plus proche qu'on ne l'imagine ordinairement dans un contexte économique mondial désastreux; en particulier dans un cas comme celui qui était décrit par F. Santoni. Nous devons donc nous y préparer pour ne pas êtres surpris par l'Histoire.

 

          3) quels moyens utilisera ce tiers intéressé pour prendre le pouvoir "réel" en Corse?

 

          La stratégie décrite par F. Santoni évoque fortement celle imaginée par le K.G.B. L'auteur étant plutôt de "gauche", même si il en avait une approche et une méthodologie assez contradictoire, il est possible que ce mécanisme soit sorti plus facilement de son esprit que de quelqu’un qui évolue "dans le monde des affaires et du pétrole". Mais considérant que tout est possible, en voici ses principes:

 

          A) La démoralisation

 

          Il faut tout d'abord "cibler" les personnes influentes, actives dans la société civile (autre nom de la petite bourgeoisie) afin de les instrumentaliser au profit de la cause que l'on soutient. Durant une période de 15 à 20 ans, temps nécessaire à l'endoctrinement d'une génération, ces personnes vont contribuer à la démoralisation de la population qui consiste à lui faire douter du bien fondé de ses valeurs, et donc de la nécessité de se défendre. Il faut combattre cela par une réaffirmation de son identité et de ses valeurs.

 

          B)  Processus de déstabilisation: de 2 à 5 ans. C'était la tache de groupes tels qu'Action

          Directe, les Brigate Rosse, Rotte Armee Fraktion etc qui s'entraînaient en Tchécoslovaquie, en R.D.A., en Yougoslavie... Il s'agit à la fois d'une mise en condition d'une partie de la population et de l'exaspération du reste des citoyens du pays ciblé devant son incapacité à assurer ses devoirs régaliens.

 

          C) La crise: de 2 à 6 mois. Suite logique de la phase précédente, elle voit le pouvoir légitime vaciller et devenir vulnérable aux groupes d'individus capables d'imposer un gouvernement insurrectionnel de type marxiste.

La réponse ne peut être que militaire, par un rétablissement de l'ordre puis un rétablissement graduel des libertés publiques, avec un lourd travail économique et social durant 10 ans.

 

          D) La "normalisation": en cas de victoire des insurgés, mise en place d'une "démocratie populaire" imposée par les armes.

 

          Ce qu'il faut savoir: tout d'abord, nous avons chiffré ces opérations. Le budget des trois premières phases reste à la portée d'un groupe industriel branlant comme Renault. La quatrième phase dépend d'un autre type de financement. Il est évident qu'un investisseur voudra récupérer sa mise multipliée par 3 ou par 5... En réalité une telle entreprise économisera encore de plus des deux tiers du coût réel car depuis 1975, bien des choses sont en place. Ensuite, cette méthode a été récupérée et affinée en lui retirant son caractère déterministe. Autre "détail": les "idiots utiles", comme disait Lénine, ceux qui ont activement participé à la démoralisation et la déstabilisation de la "démocratie libérale", sont les premiers exécutés. Dressés à la rébellion, ils deviennent en effet dangereux pour le nouveau pouvoir.

 

On pourrait espérer que prévenir ces personnes en amont puisse faire échouer cette stratégie mais il n'en est rien. Le KGB a fait ses analyses et il savait que c'est inutile car le réel est impuissant contre l'idéologie. Les personnes "ciblées" répondraient que c'est de la propagande, voir qu'ils sont prêts à mourir pour la cause. En revanche, à moins d'être aveuglés par le profit ou le pouvoir, des voyous seraient plus pragmatiques. Cette analyse vaut pour toutes les idéologies. Toute fois, à court terme, la force des communistes, des fascistes ou des islamistes est d'être portés par une transcendance, et c'est ce qui les fait progresser dans un monde occidental de l'après-guerre froide qui a subit cette stratégie.

 

 

Quel serait la nature de ce nouveau pouvoir? Nous ne pouvons préjuger, mais dans le cas décrit, de telles personnes qui ont évolué dans le milieu de la finance ne peuvent être que des libéraux et on sait par les services secrets français basés en Afrique que la communauté corse expatriée pose problême aux intérets de la France, car nos compatriotes vendent des parts de marché aux USA. Il y a donc des contacts. L'Etat corse, dans ce cas précis, sera donc capitaliste, avec ses conséquences, et conservera la base de l'OTAN à Solenzara. Ceci dit, vu l'origine de ces personnes et l'évolution des choses, ce camp géopolitique sera choisi plus par commodité que par conviction idéologique. Conservant l'OTAN, voir la légion étrangère, comme moyen de défense, les droits régaliens se résumeront à une force de police (assez importante) qui contribuera à donner au pays une image positive de nation sans armée. En revanche, cette police sera extrêmement radicale, utilisant discrètement les méthodes de la mafia et de la Stasi.

 

Quelle sera la force politique de ce pouvoir ?

Certainement un rationalisme économique qui redirigera le surplus de fonctionnaires sur les banques nécessaires au blanchiment d'argent. Sans doute une amélioration des infrastructures, du fait de l'intérêt des entrepreneurs, Mais il n'est pas évident, après réflexion, qu'il y ai une rationalisation du fonctionnement des institutions. La démographie ne posera pas tant de problèmes, ce qui compte, quand on a ce type de mentalité, ce n'est pas l'identité mais le profit. Et le monde regorge d'une main d’œuvre peu couteuse et qui posera moins de problèmes que les familles corses. Dans ces conditions, on peut ostraciser des villages entiers, les forcer à l’exil comme cela a déjà été fait par les clanistes dans les années vingt.

 

 

 

 

Quels seront les alliés de ce pouvoir?

Le plus important pour ce type d'Etat, c'est de masquer les responsabilités.

a) pour éviter un soulèvement général

b) en cas de soulèvement, de rester au pouvoir.

Ce groupe d'influence devra donc trouver des intermédiaires. Ils ne pourront pas se contenter de leurs premiers alliés, qui pourraient par la suite se révéler encombrants. Ils devront à la foi s'appuyer sur un clan traditionnel bien enraciné (en y mettant le prix, mais cela pourrait ne pas être nécessaire) et des figures rassurantes, consensuelles et conciliantes (en y mettant le prix aussi, mais la soif de pouvoir de ces gens met déjà 50% de chance de réussite à ces projets, sans oublier la peur). L'idéal serait tout d'abord de les mettre discrètement en confiance par le biais de réseaux d'influence occultes afin de préparer l’événement (ce qui leur donne la fonction des "idiots utiles").

 

 

Quels seront les moyens de stabilité de cet Etat?

Logiquement, il devrait se baser sur trois axes: tout d'abord la force, pas forcément par sa brutalité mais par le fait de sa simple existence, avec une part de paternalisme qui suffit à enrayer l'action des volontés hésitantes.

Puis les médias, qui tenteront d'étouffer les problèmes en amont en appliquant la stratégie du positivisme, réorienté sur de nouveaux objectifs. Et enfin, ce que l'on connait le mieux: le chaos, avec les croisements d’intérêts, les fausses oppositions

et tant d'autres méthodes, qui peuvent aller jusqu'à une guerre factice. C'est une méthode utilisé en Afrique, où des sociétés privées gèrent la juteuse crise comme de l’événementiel. Concernant les médias, le préjugé positiviste entend façonner la vie intérieure de manière à ce que l'individu rejette toute identité. Dans ce cas, ce ne sera pas exactement l'objectif: Ce qui compte est la technique de manipulation du peuple afin d'obtenir sa neutralisation politique. La clef de cette pensée est que si l'on donne un éclairage particulier à un objet, un fait, celui-ci ne sera pas perçu tel qu'il est et l'individu ou la masse œuvrera en conséquence contre ses propres intérêts. Cette méthode se résume en 8 points:

La tactique de substitution.

La tactique des contrefaçons

La tactique des inversions

Le choc en retour

Ne pourrions nous pas tenir compte de l'option que les choses pourraient ne pas se passer de la façon que nous les présentons, et que nous pourrions alors réaliser des choses plus intéressantes pour le pays que la déstabilisation permanente? -constante malheureuse de l'histoire de la Corse.

C'est justement le piège qui est tendu à nos détracteurs. On peut les comparer à des naufragés épuisés prêts à s'échouer volontairement sur un écueil plutôt que de rester en mer. Il faut échapper à la tentation de jouer le garde-chiourme pour qui que ce soit. Nous serions alors facilement désignés à la population comme bouc émissaires de crimes nécessaires pour que le groupe d'influence continue son parasitage. De tels événements ne peuvent s'installer que dans la stupeur et l'incrédulité. Ils seront la marque de survie de cet Etat tout au long de son existence. C'est pour cela que nous devons avoir capacité d'anticipation à toutes possibilités.

Le bouc émissaire

La tactique de dilution

La confusion entre un principe et ses représentants

Les infiltrations usurpatrices.

Nous devons d'abord réfléchir à toutes les options: dans quel camp seront-nous? Vu la description de la situation, il est peu imaginable que nous soyons dans le camp de nos "libérateurs". En fait, c'est même inimaginable.

Dans cette situation, quels seraient nos alliés et nos ennemis?

Paradoxalement, nos alliés se trouveront sans doute parmi les nationalistes "de gauche" et les communistes. Car si la population est et restera fondamentalement conservatrice, tous n'ont pas la conscience politique militante qui permettrait de réagir à temps. En réalité, la "transcendance" décrite plus haut de cette population se résume à celle de la famille. Notre rôle est de préparer cette population, et de renforcer nos rangs chaque jour. Mais nous devons prévoir tous les cas de figures. Comme il est inenvisageable d'entamer des relations ouvertes entre groupes politiques, nous devons choisir une approche individuelle fondée sur la confiance et l'estime mutuel. Maintenant, tout dépend de l’antagonisme qui se révèlera entre ce nouvel Etat et ces factions qui rêveront peut-être de l'occasion du "grand jour". La seule façon d'en êtres respectés, comme c'est la règle en politique et en Corse en particulier, c'est d'êtres bien structurés, puissants et appuyés à la foi par la population et au niveau européen.

Ceci dit, dans un contexte véritablement brutal, la résistance corse, en 1943, était fondé sur seulement une vingtaine d'hommes (contrairement à ce que l'on prétendit par la suite) mais leur avantage était d'êtres appuyés par un tiers intéressé, les britanniques, qui n'avaient cure de l'opinion communiste des rares hommes qui ont eu la témérité de prendre les armes à cette époque. Cela signifie que nous avons aussi l'option d'éviter les compromissions encombrantes si nécessaires... Dans ce cas, ce sont nos "alliés" locaux qui devront tenir compte de nos positions.

 

              Cette première lecture  aura probablement donné l'impression qu'y transpire quelque délire paranoïaque. Pourtant, il n 'y est seulement décrit que le monde dans lequel nous vivons, sans l'éclairage auquel nous sommes habitués. Cette analyse pèche en effet d'optimisme car la crainte de F. Santoni ne se confirmera que sous la forme d'un Etat maffieux du type de celui qui est en place au Kosovo. Celui-ci ne s'encombrera jamais de tant de subtilités. Ce sera pire.

 

A suivre ...

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