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A chaque crise humaine majeure, nous nous trouvons dans un semi aveuglement positiviste où la cause et les conséquences du conflit, qu'il soit social ou militaire, échappent au plus grand nombre. Et à chaque fois nous sommes pris entre la manipulation et la passivité. Comment, du Chaos, tirer le fil rouge de nos intérêts nationaux, européens et socialistes ?

 

La désintégration du communisme soviétique en Europe orientale accéléra celle de la Yougoslavie et la Croatie proclama son indépendance en juin 91. Signe géopolitique majeur, la reconnaissance unilatérale de la Croatie fut annoncée, en décembre de la même année, de manière simultanée par l'Allemagne et le Vatican. Dès lors, se posa le problème des frontières entre les républiques fédérales de la Yougoslavie, problème aggravé par l'imbrication extrême des populations. Le conflit opposait la Croatie à la Serbie d'une part, à la Bosnie-Herzégovine d'autre part. Comme Belgrade" (et pour les mêmes raisons d'enclavements ethniques)", Zagreb souhaitait annexer pour partie la Bosnie-Herzégovine. Les zones principales d'affrontement concernaient l'ancienne zone des confins militaires, peuplée majoritairement de serbes: la Krajina et les Slavonies qui réclamaient leur rattachement à la nouvelle Yougoslavie - Serbie et Montenegro.
De 1991 à 1995, la Croatie, dont les armées étaient alimentées en armement par l'Allemagne, l'Autriche et la Hongrie, fut sur la défensive et l'offensive serbe tourna à l'avantage de Belgrade. Dès le départ, le conflit s'internationalisa du fait de l'intervention de l'O.N.U. et pris en même temps des formes extrêmement barbares...En 1995, les contre-offensives croato-bosniaques repoussèrent les serbes qui évacuèrent une partie de leur population au fur et à mesure de leur recul.
Dans le cadre des accords de Dayton de novembre 1995, la Croatie a abouti à une co-direction d'une partie de la Bosnie qui dissimule mal un partage de fait avec la Serbie .

 

Notre compatriote Jacques Nicolaï  participa en première ligne à ces tragiques évènements . Récit .

 

"Je m'appelle Jacques Nicolaï, j'ai actuellement 53 ans, marié et père de deux fils.
Je suis un ancien militant Nationaliste Révolutionnaire. J'ai commencé en 1976 aux Groupe Nationaliste Révolutionnaire de Base (G.N.R.B.) dont le chef était François Duprat; puis j'ai rejoint le P.F.N. et fait un court passage à l'Action Française. j'ai aussi connu les geôles de la "Ripoublique" pour action dite subversive et terroriste sans que celà ne fut prouvé; j'ai donc été relaxé dans plusieurs affaires.
Dans les années 80, j'ai cru comme beaucoup que le F.N. pourrait prendre le pouvoir, si nous militions sérieusement. S'en est suivi plusieurs années de désillusions et de colères mémorables, et quelques distributions de bourre-pif à certains Marquis de diverses Fédérations F.N.
Ce qui me valut d'être exclu de ce mouvement en 87, mais j 'ai continué de croire en certains hommes et j'ai milité dans l'ombre. Ce qui m'allait parfaitement et me permettait de faire passer certaines de mes idées.
Au  début des années 90, après l'éclatement du bloc soviétique en Europe, j'ai eu le sentiment qu'il me fallait passer à autre chose. J'ai failli partir pour Bucarest faire le coup de feu contre la Securitate et Ceaucescu, mais les conditions n'étaient pas réunies pour que cet engagement soit politiquement positif (les rouges se tapaient entre eux).
Et vint l'éclatement de la Yougoslavie.
J'ai proposé à des amis de créer une association humanitaire pour aller distribuer notre aide directement sur les lignes de front, sans passer par le Diktat des ONG compromises et bolcheviques!
"Croatie Libre", tel était son nom, fut rapidement crée et le premier convoi parti de Nice le mois de juillet 1991 direction Sisak (à 70 Km au sud de Zagreb). Nous avions principalement de l'aide médicale de première urgence et de la nourriture.
S'en suivit plusieurs autres convois et début Octobre, je pris la décision de m'engager militairement au côté de mes amis croates de la Garde Nationale (Z.N.G.). Cela se fit naturellement, sans oppositions. La jeune garde avait besoin de volontaires formés aux techniques de combat, car malheureusement, elle manquait de soldats de métier et j'avait une bonne formation acquise au Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine.
Déjà quelques volontaires de divers pays européens étaient présents sur le front; principalement en Slavonie (Osijek, Vukovar, Vinkovci). Les premiers furent Anglais, Français et Allemands. Nous étions à ma connaissance que quatre corses à lutter auprès des croates dans ce début de guerre".

Les combats de la fin 1991 furent les pires de toutes la guerre car, nous qui étions armés que de quelques AK 47 par groupe, des carabines de grande chasse, des mausers 96 et MP40 de la seconde guerre mondiale et MG42 pour mitrailleuse, nous avions en face la troisième armée d’Europe, en nombre et matériels, la J.N.A " Yougoslavija Narodna Armija" .
Et malgré cette disproportion entre les agresseurs serbes et nous, le front fut stabilisé, grâce notamment au sacrifice de la ville de Vukovar et de ses défenseurs.
Ils ont subi l’assaut des serbes de la J.N.A et des milices cetniks de Seselj pendant 88 jours, luttant pour chaque m² de terre Croate, au prix de lourdes pertes.
Les serbes avaient acheminés dans les alentours de Vukovar 600 blindés, T55, T72,T81, des BMP divers et variés, une multitudes de pièces d’artillerie de 120 et 155mm, pléiades de mortier, ainsi que 50 000 hommes parfaitement armées et pourvu grassement de munitions .
Dans les airs l’aviation serbe n’avait aucune opposition et bombardait la ville et ses faubourgs a volonté.
Le défense de Vukovar était composé de 700 hommes de la jeune garde nationale ZNG et de 1000 volontaires incluant les « H.O.S »et civils de Vukovar.
L’armement était limité ainsi que les munitions, les mitrailleuses et canons inexistant au début du siège de la ville, ils n’apparurent qu’après avoir été dérobés aux serbes, par des actions d’un héroïsme inouï.
Les experts militaires ne donnaient pas deux jours, pour que Vukovar tombe, et à partir du 28 aout 1991, l’infanterie serbe appuyée par des blindés essaie de réduire la résistance de la ville, mais subit de très lourdes pertes en hommes et en matériels.  Assaut après assaut les Croates les repoussent.
la route de Trpinje sera le  théâtre des combats les plus violents et surnommée « les cimetière de tanks ».
A la suite de ces multiples revers, l’armée serbe change de tactique et bombarde la ville, l’écrasant sous une pluie d’obus, près de 8000 projectiles s’abattent par jours sur la ville qui fait en superficie, environs la moitié d’Ajaccio.
L’encerclement de la ville nous a empêché de venir en aide à Vukovar , nous étions autour , harcelant les serbes, entre Nustar et Vinkovci, les cetniks nous clouaient au sol avec leur artillerie et les tirs tendus de leurs blindés, ayant miné la totalité des axes menant à Vukovar.  Le terrain ne nous était pas favorable, très plat et déboisé .
Et malgré la résistance et l’abnégation des héroïques défenseurs, la ville capitula le 18 novembre 1991, faute de munitions.
Les prisonniers furent amenés vers les camps serbes ou un quart d’entre eux périrent, les 240 blessés de l’Hôpital de Vukovar furent acheminés sur la plaine d’Ovcara et exécutés d’une balle dans la tête , parmi eux Jean Michel Nicolier un jeune volontaire Français de 20 ans .



La communauté internationale outrée, mais très passive s’insurge mollement de l’effroyable destin de Vukovar et ce n’est qu’un mois après que vient la première reconnaissance de la jeune nation Croate.
Le 21 décembre soir du solstice d’hiver l’Allemagne reconnait la Croatie !
Pour ma part j’étais en brigade sur Sisak en cette fin d’année , et c’est avec une joie immense que j’ai accueilli ce fait historique, peut être qu’un court moment , dans un rêve éveillé ai-je cru que des colonnes de panzer allaient venir à notre aide ?
Mais rien n’en fut, j’ai eu plutôt la malchance de contracter une infection mal placée qui me valut l’évacuation du front et je profitais du retour d’un convoi humanitaire sur la France pour me faire rapatrier vers l’Hôpital de Marseille où je subis une intervention chirurgicale. Deux mois plus tard , remis sur pied, je retournais en Croatie, pour incorporer la 113 H.V de Sibenik sur la côte Dalmate.
J’ai alors participé au maintien de nos positions  sur la ligne de front du sud Krajina  et au harcèlement constant des serbes de la RSK ( republika srbska krajina), aidé en cela par la passivité de la force d’interposition de l’O.N.U .
La For pro nu, dans mon secteur était composé du bataillon Kenyan et de Français du 4 RIMa stationné dans la ville de Knin et alentour !
Les Massaïs gardiens de chèvres qui composaient le bataillon Kenyan étaient plus préoccupés à vouloir grimper les femmes serbes qu’à effectuer leur mission, cequi  nous valait des bombardements quasi- quotidiens sur Sibenik et Vodice, et les snipers serbes s’en donnaient à cœur joie sur nos positions.
C’est a cause de ce harcèlement et en rupture des accords pris avec l’ONU que nous avons attaqué le 21 Juin 1992 le Plateau de Miljevci pour repousser les serbes et faire main basse sur leur artillerie .
J’étais en groupe anti- chars à l’époque et je fus à la pointe de cet assaut, où nous avons pris par surprise à l’aube les « grand guerriers de la RSK » sur cinq villages en même temps. S’en suivit dans leurs rang une panique effroyable et malgré qu’ils montèrent deux contre-attaques, nous les avons mis en déroute, leurs occasionnant la perte de plusieurs blindés et la mort de 90 soldats, pour sept pertes dans nos rangs ; 25 KM² de territoire Croate venait d’être libéré et c’était la première victoire significative de la H.V .
Suivirent  plusieurs autres victoires , comme la prise du pont de Maslenica et la prise de Mostar en Herzégovine .
Pour ma part j’ai décidé en début 1993 après un court passage au H.V.O que j’en avais assez fait et je fus démobilisé.

 

 

Aujourd’hui avec des camarades, nous avons fondé une association en Croatie, l’USDDR « Udruga Stranih Dragovoljica Domovinskog Rata », nous espérons qu’enfin après plus de Vingt ans la Croatie reconnaisse l’engagement des 800 volontaires étrangers , qui ont perdu 77 d’entre eux et eu 88 blessés graves, mais ce combat reste encore en court d’achèvement, car nous nous heurtons au politiquement correct et à la volonté d’une administration corrompue à l’idée de rejoindre l’Europe de Bruxelles comme étant la panacée . L’histoire de 800 hommes ne pèse pas lourd dans la balance.
Comment un état qui livre ses héros de guerre au TPIY de Lahaye, pourrait-il se soucier de nous ?
Donc nous allons presque chaque année à Vukovar communier avec le peuple Croate, qui lui ne nous a pas oublié, et nous espérons en des temps meilleurs, car même si pour une fois nous avons gagné une guerre contre les communistes et libéré un pays d’Europe de la tyrannie, les libéraux restent ceux qui ont ramassé les lauriers de la gloire !


Demain la Véritable  Europe ? ……. J’espère toujours !!!

 

Jacques Nicolaï

 

 Ce témoignage de notre camarade illustre la complexité de ces conflits séculaires réactivés par l'effondrement du bloc soviétique et la montée en puissance du "Nouvel Ordre Mondial " . Durant ces guerres terribles des années 90 en ex Yougoslavie , des militants Européens défendant une même conception du monde , porteurs d'un même idéal , s'engagèrent dans des camps opposés . Seule la mise en place d'une véritable " Internationale Révolutionnaire Eurasiste" , organe de concertation et d'unification des "nôtres" permettra d'éviter que de tels drames se reproduisent .

 

Jacques Nicolaï vit aujourd'hui  sur sa terre, en Corse, où il milite pour la liberté de son peuple.

 

A Squadra

 

 

Tag(s) : #Rencontres

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