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 http://www.femuacorsica.com/photo/art/grande/5357561-7993528.jpg?v=1364322953

 

  Depuis plusieurs décennies, les autonomistes corses revendiquent comme l'un des axes principaux de leur action politique le "contournement " de la France par l' Union Européenne. L'entité bruxelloise est régulièrement  présentée par les différents acteurs de ce courant politique comme une voie d'émancipation de notre peuple vouée à desserrer l'étau jacobin français. Le Partitu di a Nazione Corsa allant via l'Alliance Libre Européenne jusqu' à passer des accords politiques avec l'officine  mondialiste Europe Ecologie, créée  par l'agent américain Cohn-Bendit. 

 

Les partis indépendantistes ne semblent guère se distinguer des autonomistes sur ces questions pourtant essentielles du recours à la carte bruxelloise dans le cadre de la lutte ou de l'appartenance d'une future Corse indépendante à l'UE. Chacun se souvient de la "non-consigne" de vote donnée par Corsica Nazione à l'occasion du réferendum sur la Constitution Européenne de 2005 (  le Rinnovu faisant seul campagne pour le Non ). De 1999 à 2004, l'élu indépendantiste Jean-Guy Talamoni fut même président de la Commission des Affaires Européennes à l'Assemblée de Corse. 

 

Les ambiguités entretenues sur la question de l'Union Européenne traduisent certaines contradictions idéologiques destinées à apparaitre au grand jour au cours des mois à venir du fait de la signature prévue du Traité Transatlantique entre l'UE et les Etats-Unis. En effet, du 19 au 23 mai dernier s'est tenue à Arlington, en Virginie, la cinquième cession de négociations visant à finaliser le TTIP ( Transatlantic Trade and Investment Partnership ) qui constituera la base normative d'un espace de libre-échange à travers la suppression de toute les "barrières non tarifaires" à l'investissement des entreprises. Le traité, négocié en secret, prévoit notamment la mise en conformité de toutes les législations avec les normes du libre-échangisme intégral et la possibilité pour les multinationales d'attaquer les autorités politiques locales ( jusqu'aux conseils municipaux ) devant des tribunaux spécialement constitués en cas d'obstruction à leur action, et ce, jusqu'en des domaines échappant  un tant soit peu actuellement  à la seule loi du marché ( protection de l'environement, sécurité sanitaire, OGM, ressources naturelles, énergies, cultures etc...) .  L'adoption du TTIP signifie évidemment la fin de ce qu'il reste de droit du travail et "d'acquis sociaux" en Europe, et pour la Corse, l'idée même d'une évolution vers une quelconque maitrise de son destin.

 

http://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2014/01/dessin-traite-transatlantique.jpg

 

Cette opération sera justifiée et promue par la propagande de Bruxelles et des gouvernements de la plupart des états de l'UE comme l'unique solution à la crise économico-financière et l'échec des politiques d'austérité. Son but réel est  l'installation officielle d'une véritable OTAN économique et commerciale pilotée par les oligarchies et les places financières.

 

Considérer ou laisser croire que dans ce contexte et par sa nature même, l'Union Européenne, (dont les fondations furent mises en place dès la fin de la seconde guerre mondiale par des hommes étroitement liés aux services américains), ses structures et ses règlementations puissent constituer un levier pour l'accession à la souveraineté de la Nation Corse s'apparente donc à une véritable escroquerie politique possiblement susceptible d' assurer à ses promoteurs une récompense octroyée par  "décideurs", lobbyistes et milieux d'affaires.

 

Mais les nationalistes Corses les plus conscients et cohérents n'ont pas attendu le Traité Transatlantique pour identifier l'Union Européenne comme un élément opérationnel des "trois cercles de l'oppression" ( état français, système capitaliste, camp occidental ) que refusent et combattent ceux qui prétendent à la Souveraineté Nationale et la Liberté . 

 

A Squadra 

 

 

 

 

 

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