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     Suite aux réactions médiatiques , parfois lunimeuses , de plusieurs responsables nationalistes aux résultats du 1er tour des présidentielles françaises , un "collectif de militants nationalistes de base" désireux de poursuivre le débat nous fait parvenir le texte suivant :

 

 

Les élections présidentielles en France ne concernent généralement pas, ou peu, la Corse. Celle qui vient de s’achever ne présentait aucun intérêt pour notre peuple et ses droits nationaux. Contrairement à 2002 où le processus de Matignon faisait parti du débat, contrairement à 2007 ou un candidat, qui certes n’avait aucune chance de gagner, avait reconnu le droit du peuple corse à l’autodétermination, cette campagne à donné lieu à un discours stéréotypé sur la Corse. Plus de gendarmes, retour de l’ordre républicain… De l’extrême droite à l’extrême gauche il n’y avait rien à attendre d’un quelconque candidat. Et ce n’est pas les Diu vi salvi Regina maladroitement, et osons le dire, scandaleusement repris par les uns et les autres qui allaient changer la donne.

 

Pourtant les corses ont voté en masse. Et ce vote est particulièrement intéressant dans la mesure où du fait d’absence d’enjeux locaux les électeurs ne subissaient aucun type de pression. Une élection sans chantage à l’emploi, sans distribution de bons alimentaires, sans fraude massive, sans liens directs avec un candidat pouvant altérer la coloration politique du vote mérite donc qu’on s’y attarde quelque peu.

 

Au soir du premier tour, le chœur des crocodiles du Grand Orient de France larmoyait après la percée incroyable de Marine Le Pen qui réunissait près de 40 000 voix et 25% des suffrages et devançait leur champion François Hollande.

 

Immédiatement le mouvement national emboitait le pas (ou peut-être suivait les ordres de sa loge). Jean-Guy Talamoni faisait la leçon, Paul-Félix Benedetti se parait du costume du combattant de l’antifascisme, Jean-Christophe Angelini tentait de relativiser et Pierre Poggioli parlait d’un vote franchouillard des français de Corse.

 

Tout cela est bien beau mais où est l’analyse politique dans tout ca ?

 

Tout d’abord il convient de battre en brèche l’idée que ce sont les français qui font une élection présidentielle en Corse. S’il y a indéniablement trop de français sur notre île, leur vote s’exprime de la même façon que sur le continent. Or le vote de la Corse ne ressemble en rien à celui du continent.

 

Au soir du premier tour si on ajoute les scores de Nicolas Sarkozy, de Marine Le Pen, de Nicolas Dupont-Aignan et Francois Bayrou on arrive à un bloc de droite à 62% le jour où au niveau national français la gauche criait victoire. Et ce score de 62% est certainement modéré par les français vivant en Corse qui à n’en pas douter ont voté majoritairement à gauche comme tous les français ce jour là. Même constat au soir du second tour…

 

Ensuite, si on regarde nos villages de l’intérieur où il n’y a ni gendarmes, ni français votant comme des franchouillards, la droite dans toutes ses composantes réalise des scores incroyablement élevés et l’extrême droite sort en tête dans plusieurs dizaines de petites communes.

 

Extrême droite qui réalisera des scores plus qu’importants dans les quartiers sensibles de Bastia et d’Ajaccio (Saline, Lupinu…). Scores également élevés dans les communes périurbaines (Alata, Biguglia, Furiani…) qui contrairement aux allégations stratosphériques de Pierre Poggioli ne sont pas peuplées de français mais majoritairement de corses qui ont voulu fuir les quartiers populaires et qui n’ont tout simplement plus les moyens de se loger en centre ville qui sont désormais réservés aux bobos français fraichement débarqués pour travailler dans l’administration. C’est d’ailleurs dans ces centres-villes que les scores ressemblent le plus à ceux du continent avec une gauche qui maintient le cap.

 



 

Certains se sont empressés de mettre le score de l’extrême droite sur le seul dos des électeurs du mouvement national. Ils n’ont pas plus raison que les leaders nationalistes qui cherchent à se cacher une vérité qu’ils ne peuvent (plus) ignorer.

 

L’électorat frontiste de base en Corse représente environ 5%. Il a indéniablement bénéficié d’un apport de voix des déçus du sarkozysme à hauteur d’environ 8%. Il est fort probable que quelques radicaux de gauche tendance Alfonsi-Zuccarelli aient pu avoir, dans une bouffée délirante de républicanisme, un vote en faveur de Le Pen.

 

L’électorat nationaliste traditionnel a certainement apporté entre 10 et 15 000 voix pour le porter à 25%.

 

Alors qu’Eva Joly, pourtant soutenue par nombre de cacique du mouvement national ne dépassaient pas les 3 700 voix.

 

Ce vote, il n’y a pas à le discuter c’est un vote démocratique et comme nous l’avons vu un vote qui s’est exercé sans pressions.

 

Aujourd’hui il faut donc enlever les œillères que tentent d’imposer la franc-maçonnerie locale, cesser les explications vaseuses et en tirer les conséquences. Le mouvement national ne doit plus faire semblant de ne pas voir les inquiétudes de notre peuple, de son peuple. La montée du communautarisme, la perte des valeurs, la dilution de notre identité. Cela appelle un discours qui tout en écartant les extrêmes se doit d’être sans concession.

 

Les deux tours de l’élection présidentielle à contre courant du vote français ont démontré que la Corse était une terre conservatrice et entendait bien le rester. Le vote à droite n’est pas une adhésion à l’économie libérale mais bel et bien un rejet de l’idéologie de gauche. Les corses ne veulent pas du mariage homosexuel, de la légalisation du cannabis, d’une immigration effrénée, du vote des étrangers… Pas plus que les corses ne veulent de la société que tentent de nous imposer, entre autres, Andrè Paccou, Anthony Limelette ou Jean-Paul Luciani.

 

Les Corses entendent bien vivre dignement et de manière traditionnelle sur cette terre, en étant le seul peuple de droit et en voyant ses valeurs ancestrales respectées. La minorité qui s’autoproclame « éclairée » n’est qu’une vaste fourberie qui ne représente rien au sein du peuple.

 

Si le mouvement national n’est pas capable d’entendre raison, il ouvrira de manière inacceptable une voie royale au Front National qui finira par devancer le mouvement indépendantiste. Ce qui serait une catastrophe sans égal dans l’histoire moderne de la Corse.

 

L’extrême droite française en Corse ne se combattra et vaincra pas par la négation des problèmes posés par le peuple pour faire plaisir à sa loge mais bien par la prise en considération de ceux-ci.

 

Reste à savoir si l’intérêt patriotique l’emportera sur celui maçonnique…

 

                     Collectif miltant nationaliste de base

 

 

 

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