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L'annonce de la future fusion entre les deux tours des élections territoriales de décembre des deux listes de droite libérale conduites par Mrs De Rocca Serra et Rossi devrait mettre un terme- au moins durant un temps- aux rumeurs faisant état d'un rapprochement entre le courant autonomodéré et la tendance " progressiste" de José Rossi .

Si les ténors de la droite insulaire n'ont pu s'entendre pour le premier tour, les deux listes n'en seront pas moins estampillées-officiellement ou pas- "Républicains" et se placeront sous le patronage de Nicolas Sarkozy.

"Les Républicains" est la nouvelle appellation du sarkozysme. Ce changement d'enseigne ne se limite pas seulement à une vielle ficelle périodiquement usitée pas tous les boutiquiers avisés ni à un simple stratagème visant à échapper à des ennuis judiciaires et/ou fiscaux liées aux "affaires". Il correspond à un certain aboutissement de l'américanisation de la vie politique française exigée par les "parrains" de Sarkozy. Ceux-ci n'ont pas digéré la défaite imprévue de leur précédent poulain Jean-François Copé, lors de l'élection à la présidence de l'UMP en 2012 face au résidu de gaullisme François Fillon. Le résultat fut donc truqué, l'élection annulée et Sarkozy ressuscité par "la volonté du peuple de droite" exprimée par ..les instituts de sondages. Alors que l'insolent Fillon se rapprochait de Poutine, Sarkozy et ses équipes verrouillaient l'appareil de la nouvelle structure et effaçaient toute trace de gaullisme qui ne serait pas purement cosmétique, à l'usage des gogos.

La droite libérale et "Républicaine" en Corse sera donc purement sarkozyste, en esprit et en actes quel que soit le passé "corsiste" de José Rossi. Celui-ci a d'ailleurs indiqué les grands axes de sa politique : développement économique et emploi, refus de toutes les mesures protectionnistes ( statut de résident, corsisation des emplois, PADDUC ) envisagées par le courant nationaliste et plus ou moins reprises par une majorité des élus actuels de l'Assemblée de Corse. Le "développement économique" sera donc essentiellement selon Mr Rossi celui, hautement criminogène, du BTP . Quand à l'emploi il concernera une main d’œuvre importée à bas coup, vouée au dumping social. La politique par avance revendiquée sera donc celle, matinée de stratégie de la tension et d'appels plus ou moins ouverts à la répression des récalcitrants, menée entre 2004 et 2010, autour de "l'économie résidentielle" . Le tout empreint de ce parfum de vulgarité, d'arrogance et d'enfumage qui déjà à cette époque définissait le sarkozysme et ses représentant locaux . Nul n'a oublié les fanfaronnades du binôme Santini-De Rocca Serra autour du GALSI ( le "projet du siècle" ainsi que le qualifiait Ange Santini ).

L'antagonisme fondamental entre les conceptions nationalistes et celles de la droite libérale fut, chacun s'en souvient, symbolisé par "l'affaire Clavier": en septembre 2008, un groupe de patriotes corses s'introduisait dans le jardin de la villa de Mr Clavier à Purti Vecchju,( fief de Mr de Rocca Serra ) afin de dénoncer la spéculation immobilière et la marginalisation des Corses sur leur terre. Le saltimbanque qui participa à une "œuvre" cinématographique ridiculisant la lutte de libération nationale corse, alerta immédiatement son ami de l'Elysée, celui qui condamna Yvan Colonna 4 ans avant son procès. Le responsable des forces de sécurité en Corse fut limogé et une année durant, la villa de Christian Clavier fut gardée jour et nuit par un escadron de gendarmes mobiles, au frais du contribuable. Au nom de "l'état de Droit" et des "valeurs de la République".

Justifier un rapprochement avec le tandem Rossi-De Rocca Serra constituerait assurément, pour des nationalistes corses, un exercice de haute voltige digne des grands moments du folklore politicien insulaire.

Si une ouverture "à droite" est concevable pour le nationalisme corse , elle ne saurait s'effectuer qu'en direction de forces déconnectées des appareils et allégeances parisiens, incarnant une Droite des Valeurs intrinsèquement corsiste, liée au monde agricole et au petit entrepreneuriat, défendant des options sociétales traditionalistes, protectionnistes, anti-mondialistes. Le mouvement Une Nouvelle Corse de Mr Mondoloni, qui pouvait apparaitre comme un compagnon de route crédible et sérieux pour le courant autonomiste ne semble pour l'heure pas décidé à s'extraire du marigot de la "famille libérale".

Mais en réalité, cette Droite des Valeurs antagoniste à la droite "bling bling rolex" des Sarkozy, Seguela et de leurs fondés de pouvoirs locaux, cette Droite rassembleuse, populaire, garante d'ordre, de liberté et d'identité à laquelle aspire une grande majorité des Corses, c'est le mouvement national lui-même, dans ses différentes expressions politiques, qui a vocation à l'incarner. Être identifié par le peuple comme le représentant légitime de cette orientation sera le défi à relever et la condition sine qua non d'un raz-de-marée électoral pour des formations nationalistes unies par la conscience des enjeux.

A Squadra

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