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Le texte  ci-dessous est un extrait des Chroniques de Giovanni della Grossa, au temps ou l'Eglise détenait la suzeraineté de la Corse.


Il constitue  un bon éclairage de la fonction que nous devons rendre aux confréries et une partie des écueils que nous devrons éviter.

"Dans l'Etat de Cinarca, le peuple avait beaucoup souffert des révoltes et des guerres. Chacun faisait ce que bon lui semblait, sans aucun respect des individus et de la justice. Le pays vivait très mal. "..."Un moine de Saint François du couvent des Mineurs, appelé Frère Niccolò, commença à prêcher la paix et la justice. Il était défendu à chacun de voler le bien des autres ou de violenter une personne, nul ne devait offenser autrui mais tous devaient s'acquitter de leurs droits et de leurs devoirs auprès de leurs seigneurs naturels. Quand ils furent entendus par le peuple, ces sortes de prêches attirèrent les masses partout où on les faisait. La plupart des seigneurs de Cinarca, entendant qu'on ne disait rien contre leurs droits, ne s'en souciaient guère.
Frà Niccolò ajouta ensuite à son prêche qu'il fallait faire une confrérie de flagellants. Ceux-ci devaient se trouver chaque dimanche matin avant le jour devant leur église pour faire pénitence en se fouettant les épaules nues. Ils devaient jeûner une fois par semaine et dire chaque jour une certaine quantité de paternoster et d'avemaria pour la rémission de leurs péchés. Les compagnies des peuples devaient se lier entre elles et choisir des prieurs qui s'entendent entre eux. Ainsi cette confrérie grandissait à travers la Corse et au fur et à mesure il se rassembla tant de gens qu'ils formèrent une armée. Cette compagnie ou religion acquit une telle force que les prieurs rendaient la justice à ceux qui venaient se présenter à eux dans l'Etat de Cinarca.
Vincentello d'Istria proposa de donner son château d'Istria à la confrérie si les autres seigneurs de Cinarca acceptaient de donner le leurs. En espérant qu'il lui revienne si cette condition n'était pas remplie, il plaça le château entre les mains de certains confrères et partit chevaucher de village en village avec certains autres. Tous les hommes de l'Etat de Cinarca se rassemblèrent et partirent se battre contre les gens du comte Polo della Rocca. Ceux-ci finirent par se convertir pour la plupart. Quand le comte Polo vit ses troupes réduites, il vint lui aussi se joindre à eux à condition de pouvoir garder son château de Baricini, en attendant de voir le succès qu'obtiendrait la confrérie de Frère Niccolò. A leur tour les seigneurs d'Ornano et de Bozio conclurent un pacte. Mais Raphè da Leca ne voulut jamais entrer dans la confrérie et il dévasta les territoires des principaux confrères. Quand il le pouvait, il les faisait mettre en prison et leur infligeait de mauvais traitements. Tandis que Frà Niccolò espérait prendre le dessus sur Raphè da Leca et les gens de Cinarca qui dérangeaient son ordre et sa paix, les nouvelles allèrent en terre ferme chez le père supérieur des Frères Mineurs. Celui-ci apprit que Frère Niccolò essayait de se rendre maître de la Corse avec son invention de moines-soldats. Il le fit aussitôt citer à comparaître devant lui et quand il arriva, il l'envoya en Calabre, avec ordre de prêcher pour le salut des âmes et défense expresse de se mêler du temporel.
Après le départ de Frère Niccolò, les confrères de l'Etat de Cinarca, qui ne s'étaient pas mis d'accord avec ceux de l'En-Deça des monts..." A ce moment recommença le chaos.  imagesCAE1G7HM.jpg

Cette histoire répond à la tentation de nouvelles expériences et stratégies. Nous avons effectivement tout intérêt à jouer de Rome contre Paris mais le Vatican n'a jamais été un allié très sur. Il existe donc une limite que nous serons obligés de dépasser. "Nationaliser" la religion dans ses aspects culturels et populaires , comme l'ont fait les  iraniens, pour donner une nouvelle dynamique politique est une voie à suivre.. Mais en réalité, cela existe déjà au travers des "mystères".Le rôle potentiellement  révolutionnaire des confréries reste donc approximativement le même... en s'intensifiant. Comme l'histoire nous l'enseigne et au vu des immenses défis posés par les temps chaotiques à venir, l'objectif des néo-confréries de la Corse du XXIème siècle n'est pas de s'épuiser en discours théologiques ou géopolitiques mais de s'organiser à nouveau comme machine de conquête du pouvoir , en outil social, en service de renseignements, en armée du peuple, toujours prête à intervenir . ..
Une voie Traditionnaliste-révolutionnaire conforme à leur vocation profonde .
a squadra

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