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Théodore de Neuhoff, roi de Corse ! De nombreux, très nombreux historiens se sont penchés sur ce monarque que d'aucuns considèrent comme un aventurier, mais qui a sa double personnalité : celle de l'homme avec ses faiblesses, ses rêves même, son goût du faste, et celle du souverain avec ses méthodes d'organisation et ses qualités directrices. Son court règne de deux ans prouve que son action ne fut pas vaine, et ne serait-ce entre autres réalisations que la Constitution théodorienne, l'accord qu'il fit régner entre chefs corses divisés, cela suffirait à démontrer de quoi, mieux secondé, moins en butte aux jalousies des convoiteurs de l'île, il eût été capable. Dans l'instauration de ses projets, le roi voulut asseoir le régime royal sur un ordre de chevalerie, tel que s'en dotèrent toutes les royautés, empires, puissances. Les Corses ont toujours tenu à l'établissement d'un ordre de noblesse auquel aurait été adjoint un ordre de chevalerie, pour différents motifs : constitution de clans, de chefs de pieve, amour de l'autorité, attribution de certains privilèges les mettant à l'abri des exactions de l'envahisseur ou du maître de passage, exemption de tailles et corvées, d'impôts, etc...

 

 

   " La révolution théodorienne, considérée par certains comme négligeable dans la mesure où elle ne s"accomode pas à certains néo-nationalismes, trés modernes, et meme à un certain jacobinisme très présent à "droite" comme à "gauche", qui néglige toute notion de subsidiarité fut pourtant considérable...

  "Mais la monarchie théodorienne avait d'autres dimensions. En dehors des considérations horizontales s'y attachaient des éléments verticaux: si le pouvoir reste au Roi et à la Diète, il ne néglige pas, bien au contraire la fonction interne de l'Ordo aristocratique au service des "vrais nationaux" que fut l'Ordre de la Délivrance..."

  " Ce premier Ordre eut environ 400 chevaliers, tous cadres importants du Royaume et guerriers accomplis. Ce qui est moins connu, c'est que l'Ordre avait, ce qui rejoint le concept aristocratique, une composante internationale: presque toutes les nations y étaient représentées..."

 

  " Pour la Révolution Conservatrice, pour le respect des valeurs aristocratiques et libertaires, dans un monde ahuri et désorienté, prenons exemple et laissons de coté les valeurs exogènes et quantitatives issues des révolutions américaines et sovietiques qui ne sont contradictoires qu'en apparence, pour opter pour les valeurs éternelles de verticalité, de la primauté axiale de l'Etre sur l'Avoir, du qualitatif sur le quantitatif, de l'éthique communautaire sur la loi de la jungle et du troc, bref  vers les valeurs méritocratiques qui tirent les peuples vers le haut et non vers le sous-humain..."

 

extrait de la préface de Mr Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie

 

Ordre, Royaume, aristocratie, méritocratie, ces notions qui peuvent paraitre étranges à l'époque des Sarkozy,  Hollande et autres Strauss-Kahn, constituent les fondements de la seule existence possible pour le peuple Corse mais aussi   définissent la seule vision acceptable pouvant être donnée à celle de "communauté destin", à l'image de ce que fut l'Ordre de la Délivrance, qui réunit autour d'une Idée et d'un combat des hommes nobles en partie issus d'autres horizons européens.  L'épopée nationale esquissée par la démarche théodorienne s'opposait dans ses principes à ceux de l'occupant d'alors, les Génois, que l'abbé Salvini qualifiait de "race d'épiciers". Une caractéristique qui peut-être aujourd'hui étendue à ce qui compose aujourd'hui le "monde occidental". Contre cette anti-civilisation se dresse un peu partout en Europe une communauté d'Esprit pour laquelle la Corse, par l'histoire et l'identité profonde de son peuple, pourrait incarner cette aspiration à une "révolution des âmes". Cette vocation régénératrice fut également perçue par un autre éminent représentant germanique de l'Europe éternelle, Friedrich Nietzsche, qui se rêva cortenais. Loin, bien loin du médiocre destin cosmopolite que réserve aux Corses la République Française agonisante...

 

A Squadra

 

  Histoire de Théodore 1er, Roi de Corse et l'Ordre de la Délivrance, traduction J.V. Angelini   éditions l'Orginel 1996

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