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EDITORIAL :

Front de classes, union des forces vives d’un peuple.

Suite au mouvement populaire des Bonnets Rouges, au succès des deux grandes manifestations de Quimper et Carhaix, à la résistance organisée contre les portiques systématiquement détruits car symboles de « l’Ecotaxe », l’Etat français et son gouvernement ont pris au sérieux cette révolte bretonne aux forts relents séparatistes. C’est ainsi que le premier ministre français a fait le déplacement en terre bretonne afin de proposer aux Bretons un pacte d’avenir pour l’économie bretonne, pacte d’avenir accompagné d’un « droit à l’expérimentation »… Ce pacte d’avenir a immédiatement été rejeté par les représentants des Bonnets Rouges, pacte vide ne répondant en aucune façon aux attentes du peuple breton. Promesses habituelles, poudre aux yeux… quant au droit à l’expérimentation, pour nous nationalistes bretons cela se traduit par « droit à l’autodétermination ». Mais dans son discours de Rennes, J.M. Ayrault a cru bon de prononcer quelques mots en breton, lui l’opposant acharné à toutes revendications bretonnes. Ces quelques mots étaient : « An neb a venn, hennezh a c’hall ». Traduction française : « Celui qui veut, celui-là peut ». Mais notre brave premier ministre connaissait-il la provenance de ces quelques mots ? Non assurément ! Et pour cause ils font partie d’un long poème à la gloire de Nominoë, des soldats bretons en guerre contre l’occupant franc afin d’assurer l’indépendance de la nation bretonne. Je vous en livre les quatre premiers vers :
An neb a venn, hennezh a c'hall
An neb a c'hall a gas ar Gall
A gas ar Gall, a harp e vro,
Hag eviti ter ha tero !

Celui qui veut, celui-là peut,
Celui qui peut, chasse le Frank,
Chasse le Frank, défend son pays,
Et le venge et le vengera !
Cette anecdote signalée, revenons à l’importance de ce mouvement populaire breton, représenté par les Bonnets rouges, et regroupant toutes les classes de la société bretonne. Le gouvernement français a mis un genou à terre, il a plié devant la volonté ferme du peuple breton. Mais nous n’avons aucune confiance en ce gouvernement colonial. Aucune reconnaissance non plus après cinq siècles de spoliation, de colonisation, d’occupation. Ce serait également un leurre que d’attendre grand-chose de l’Etat français. Le si peu qu’il va nous concéder aujourd’hui, il le reprendra demain ! Nous l’avons toujours dit : rien de durable ne sera fait… que par nous-mêmes. Voilà la règle à suivre si nous voulons être maîtres de notre destin. C’est dans cette perspective que la Bretagne et son peuple retrouveront l’espoir et prépareront ainsi leur avenir national. C’est un moment fort, voire historique, que vit actuellement la Bretagne. Nous avons une chance de recouvrer nos libertés, mais cette chance ne se représentera peut-être pas deux fois. Il faut savoir s’en saisir et nourrir l’espoir de pouvoir, enfin, s’émanciper de la tutelle coloniale française.
Bonne et heureuse année à tous.
Gwellañ hetoù deoc’h holl evit ar bloaz nevez.

Padrig MONTAUZIER.

 

http://www.war-raok.eu/

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