Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  La récente proposition du nouveau premier ministre français Manuel Valls lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, visant à réduire le nombre de régions françaises et la suppression des conseils départementaux, ne semble guère passionner les discours politiques insulaires. Pourtant, cette nouvelle réforme territoriale n'est pas sans conséquences et il parait nécessaire de se pencher un peu plus sur le sujet.

  L'origine du projet n'est pas nouveau. Celui-ci émane d'un rapport datant de 2009 rédigé par le Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, aussi appelé "comité Balladur", du nom de son Président, ancien ministre de l' économie lors de la cohabitation Mitterrand-Chirac et relais politique de la banque Rothschild...

Créé sous l' impulsion du président de la République Française de l' époque Nicolas Sarkozy, le groupe de réflexion dans lequel on trouve notamment Luc Ferry aux cotés de Jack Lang, visait à proposer une réforme des institutions de la Cinquième République. Et si la politique d' ouverture de l' ancien président avait dévoilé au grand jour et surtout officiellement la totale identité de vues entre Gauche et Droite, l'utilisation directe des travaux du comité Balladur par l' actuel gouvernement socialiste prouve une fois de plus cette connivence idéologique. Après quelques hésitations dues au calendrier des élections  régionales et un semblant de désaccord de l'opposition, le gouvernement Fillon ne lança pas cette grande réforme territoriale, la remettant tout simplement aux socialistes, les élections présidentielles passées.

 

CARTE-INTERIEURE-REGIONS-570.png

Une des nombreuses cartes circulant sur le net : le Peuple Corse devient le Peuple PACA...

 

 

  Mais en quoi consiste cette réforme ? Le redécoupage régional ainsi que la disparition programmée des départements est d'abord une refonte administrative de la gestion territoriale de l' état français destinée à des économies budgétaires.
    N' y voir donc là aucune volonté d'offrir une quelconque autonomie " identitaire " aux nouvelles régions. Bien que l' on ne connaisse pas encore le redécoupage exact envisagé ( de nombreuses cartes circulent, mais aucune n'est officielle ), il est certain qu'il restera totalement compatible avec l' entreprise de destruction des identités charnelles qu'entreprend l'idéologie libérale, anéantissant pour l'occasion tout espoir d'une politique d'autonomie dans des régions dès lors vouées à être diluées dans un magma géographique et purement technocratique. Avec au peloton d' exécution l' Alsace, disparaissant totalement et la Corse, qui pourrait se voir rattachée à la région PACA.


  Contre l'Union Européenne : l' Europe !

  Les souverainistes français, farouches partisans de la très révolutionnaire notion de France " une et indivisible " peuvent se rassurer : l' Union Européenne ne veut pas non plus de l' Europe des peuples historiques. Car si la tendance actuelle de cette méga-structure technocratique et bancaire avance de concert avec la disparition des vieux états nations, elle doit avant tout répondre aux exigences de l'idéologie libérale dominante. Dès lors, on imagine mal un soutien quelconque de l' UE à l'idée d'une Europe aux cent drapeaux.
Les propos sur l' indépendance de l' Ecosse de José Manuel Barroso, actuel président de la Commission Européenne sont d'ailleurs sans équivoques : « très difficile, voire impossible, pour l’Écosse d’intégrer l’UE si le oui l’emporte au référendum du 18 septembre ».

  Pourtant l' idée européenne demeure indispensable à la survie de l'Homme Européen, et il conviendra d' opposer à l' euroceptisime ambiant des souvrainistes ( Front National en tête ) l' idée civilisationnelle d' une Europe forte, libre et unie.

 

http://www.adsav.org/images/europe-des-peuples-adsav.jpg

 

Peuple Corse, Peuple Européen !


  La réforme des régions françaises, prévu pour 2017, année des élections présidentielles,  laisse cependant supposer que rien n' est joué et qu'il n'est pas certain que son application  se fasse sous le gouvernement Hollande. Nous aurons donc tout le temps de revenir dessus, au fur et à mesure des différentes étapes de son élaboration.

A suivre...


A Squadra

 

A lire aussi : Les Corses, Occidentaux ou Européens ?

Partager cet article